La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Troisième dose : pourquoi ces réticences des Français face au vaccin Moderna ?

F. Senneville | Reportage vidéo C. Bayle, J.P. Féret et V. Capus
Publié le 6 décembre 2021 à 10h03
JT Perso

Source : TF1 Info

MAL AIMÉ - Les stocks de vModerna sont désormais largement supérieurs à ceux de Pfizer. Or, ce vaccin inspire des réticences qui risquent de compliquer la campagne d'administration de la dose de rappel.

"Est-ce que c’est bien Pfizer ?", "nous on préfère Pfizer", ou "on a eu Pfizer pour les deux premières doses”... C'est ce qu'entend à longueur de journée cette infirmière d'un centre de vaccination de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), pris d'assaut parce qu'il ne demande pas de rendez-vous... et parce qu'il administre le vaccin Comirnaty (de son vrai nom), du laboratoire Pfizer. 

"Parce que c’était sans rendez-vous et que c’était Pfizer, les deux", confirme une dame venue recevoir sa dose de rappel ce matin, et que l'on voit dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Or, comme le précise l'infirmière de Cagnes-sur-Mer, "il faut savoir que la troisième injection peut être faite par Moderna également". La campagne de rappel ne fait que commencer, et cette préférence vaccinale suscite déjà des crispations.

Chez les professionnels de santé aussi, Pfizer est plébiscité, mais pas pour les mêmes raisons. "C'est vrai que c’est plus simple avec Pfizer", explique le pharmacien parisien Yorick Berger, en tout cas "d’un point de vue technique : un flacon contient cinq doses, et une fois qu’on l'a ouvert, il faut trouver suffisamment de personnes à vacciner pour ne pas en perdre". Le flacon de Moderna (Spikevax, de son nom véritable) peut-être utilisé en demi-dose, et permet dix injections, mais ce sont autant de candidats au vaccin qu'il faut rassembler rapidement. Les soignants de ville ont ainsi commandé la semaine dernière un total de 3,2 millions de doses de Pfizer pour 800.000 de Moderna, soit le quart. 

Dose de rappel : on n'y arrivera pas sans ModernaSource : JT 20h WE
JT Perso

Le risque de myocardite, à l'origine de la méfiance ?

La réticence qu'inspire le vaccin Moderna tient beaucoup aux risques de myocardite que son usage induit, même si des études tendent à le relativiser : les cas sont rares, et jusqu'ici sans conséquences graves. Désormais déconseillé aux moins de 30 ans, une population jeune pour qui ce risque est plus prononcé, ce vaccin à ARN messager - comme celui de Pfizer - aurait cependant une plus grande efficacité que son concurrent. Et à en croire le directeur-général de Moderna, Stéphane Bancel, "les données désormais publiées par un grand nombre de pays, montrent que le vaccin Moderna tient beaucoup plus sur la durée que le Pfizer".

Alors que la campagne de rappel débute et que rouvrent les centres de vaccination, les stocks démontrent le déséquilibre provoqué par la défiance envers le vaccin Spikevax : 5 millions de doses de Pfizer sont à écouler, contre 20 millions pour Moderna. Les professionnels savent qu'il faudra convaincre, pour éviter d'enrayer rapidement la campagne vaccinale face à la "cinquième vague".


F. Senneville | Reportage vidéo C. Bayle, J.P. Féret et V. Capus

Tout
TF1 Info