Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Météo, densité, frontières : pourquoi le virus circule moins fortement dans l'Ouest

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Publié le 1 mars 2021 à 16h35, mis à jour le 1 mars 2021 à 16h50
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Source : JT 20h WE

ÉCLAIRAGE - Comme l'année dernière, l'Ouest du pays est relativement épargné par l'épidémie. La majorité des départements les plus contaminés se situent à l'Est. Comment expliquer cette France coupée en deux ?

Le virus circule actuellement davantage à l'Est qu'à l'Ouest et plusieurs raisons peuvent l'expliquer. La première est liée à l'un de ses modes de propagation. Les gouttelettes expirées par une personne restent en suspension dans l'air. Quand il fait chaud, elles s'évaporent et quand il fait froid, elles tombent au sol. "Les conditions les plus propices se situent dans des températures relativement froides entre 2 et 9°C. Ces conditions peuvent varier dans le courant de la journée", explique Alix Roumagnac, PDG du site de veille hydrométéorologique Predict Services.

Les températures idéales pour le virus concernent ainsi plus l'Est que l'Ouest. C'est donc dans ces territoires les plus touchés que le gouvernement accélère la vaccination. La Moselle a ainsi été dotée de 30.000 doses de vaccins mais le professeur Khalifé Khalifé, cardiologue et premier adjoint au maire de Metz, "espère en avoir d'autres pour satisfaire la demande". Comme on l'observe sur la carte ci-dessous, l'Ouest est largement moins touché par l'épidémie, avec un taux d'incidence inférieur à 150 cas pour 100.000 habitants dans la plupart des départements, contrairement à l'Est du pays où on dénombre entre 150 et 500 cas.

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Si les températures plus tempérées sont le premier facteur expliquant une propagation moins forte du virus, la densité urbaine moins importante est aussi un facteur favorisant cette faible propagation. En effet, contrairement au Sud-Est du pays, elle y est moins forte. "Les grandes villes comme Bordeaux sont des villes dites plutôt plates où la population est dispersée et pas dans des grandes barres d'immeubles très concentrées", souligne Benoît Elleboode, directeur de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine.

La position géographique de nombreux départements de l'Ouest de la France, moins exposé au brassage des populations lié aux frontières, est un autre facteur important. Et ce même si le Sud-Ouest du pays se situe près de la frontière espagnole. "Entre la France et l'Espagne, il y a les Pyrénées. Ce n'est pas une frontière complètement ouverte comme le Grand Est. Il n'y a pas de gros échanges de populations, à part l'été", ajoute Benoît Elleboode.

Des élus militent pour un assouplissement des mesures

En ce début d'année, les régions les plus épargnées par le virus sont la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire, tous situés dans l'Ouest de la France. Face à cette faible propagation du virus, certains élus de l'Ouest sont montés au créneau pour demander un assouplissement des restrictions, notamment concernant le couvre-feu fixé à 18h dans toute la France métropolitaine.

C'est notamment le cas du maire de Bordeaux Pierre Hurmic, dont la ville est relativement épargnée par la flambée épidémique avec un taux d'incidence entre 50 et 150 cas pour 100.000 habitants. Selon lui, on ne peut pas "traiter de la même manière Nice, Dunkerque et Bordeaux. Ces trois villes ne sont pas frappées de la même manière par l'épidémie." Même son de cloche pour Annick Billon, sénatrice LR de Vendée, pour qui il faut reculer le couvre-feu "à 20h ou 21h".


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