Covid-19 : le défi de la vaccination

Soignants non vaccinés : l'hôpital de Mulhouse en difficulté

V.F
Publié le 23 septembre 2021 à 10h13
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

SITUATION CRITIQUE - Le groupe hospitalier de la région de Mulhouse a réactivé le Plan blanc. Il n'y a plus assez de soignants, car 170 d'entre eux, refusant d'être vaccinés, ont été suspendus. Le 20H de TF1 s'est rendu sur place.

Il pensait ne plus devoir y recourir. Mais le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA), qui comprend dix établissements dans le Haut-Rhin, a annoncé ce mardi avoir déclenché le Plan blanc. En cause notamment, le manque de soignants, dans cet établissement ou près de 170 salariés non vaccinés ont été suspendus.

Le groupe hospitalier a expliqué dans un communiqué être confronté à "une situation critique marquée par la poursuite de la gestion de la crise sanitaire, le besoin en renforts de ressources humaines, la réduction du nombre de lits liée à un absentéisme conséquent".

Incompréhension des malades

Déjà touché par un manque "récurrent" d'effectifs, le groupe a précisé avoir suspendu 169 personnels qui ne sont pas vaccinés, dont de nombreux soignants, sur près de 6000 salariés. Résultat, "actuellement, on a un peu plus de 40 lits qui sont fermés, 30% de nos blocs opératoires sont fermés, donc la chirurgie non urgente va être reportée", avance le docteur Xavier Nasica. 

Une situation qui suscite l'incompréhension des malades. "Quelqu'un qui vient ici veut se faire soigner, pas se faire renvoyer", s'insurge l'un d'eux dans le JT de 20H. "Je trouve que ce n'est pas normal que les gens ne se vaccinent pas, c'est seulement comme ça qu'on s'en sortira", renchérit une autre patiente. 

Et cela peut sembler difficile à admettre dans cette ville où la première vague a été particulièrement violente, entraînant une saturation des hôpitaux de Mulhouse, Colmar et Strasbourg. Devant l'urgence de la situation, un hôpital militaire de campagne avait même dû être déployé en appui sur le parking de l'hôpital Emile-Muller de Mulhouse, une première en métropole par temps de paix.

On ne fait pas de la santé en forçant le consentement.

Guillaume Raimondi, un infirmier non vacciné

Pour autant, la résistance de certains soignants persiste : "Si on était venu, au bout de trois semaines d'épidémie, avec un vaccin, on aurait accepté, mais pas maintenant et surtout pas présenté comme ça. On ne fait pas de la santé en forçant le consentement", relève Guillaume Raimondi, un infirmier non vacciné. "Aujourd'hui je suis vaccinée", reconnaît une autre soignante sous couvert d'anonymat, ajoutant : "Je l'ai fait le dernier jour et j'étais en larmes, mais je ne pouvais pas me passer d'un salaire". 

Alors que la fronde s'installe, le Haut-Rhin affiche des taux de vaccination bien moindres que dans les départements voisins ; 66% de la population seulement est totalement vaccinée. En outre, le Haut-Rhin est le seul département du Grand Est où le taux d'incidence atteint les 100 cas pour 100.000 habitants, selon les données de l'Agence régionale de santé. Ce taux monte même à 143,1 pour la communauté d'agglomération de Mulhouse. 

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Au total, 41 patients malades du Covid-19 restent hospitalisés dans les établissements du GHRMSA, dont 15 en réanimation.


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