Les cas de Covid-19 repartent à la hausse en France : comment l'expliquer ?

Publié le 10 mars 2022 à 12h45, mis à jour le 10 mars 2022 à 12h51

Source : JT 20h Semaine

Si le nombre de patients hospitalisés avec un diagnostic Covid-19 continue de baisser, le nombre de contaminations, lui, remonte en France.
Plusieurs pistes peuvent expliquer cette tendance à la reprise épidémique observée depuis plusieurs jours.

À moins de quelques jours de la levée des contraintes sanitaires en France, la décrue épidémique observée tout au long du mois de février dans l'Hexagone n'est plus d'actualité. Tout du moins concernant le nombre de cas positifs au Covid-19 recensés quotidiennement. 

Si le nombre de patients hospitalisés a poursuivi sa baisse mercredi, le nombre de nouveaux cas positifs s'élevait, lui, à 69.190, selon Santé publique France, contre 57.697 il y a une semaine. La moyenne sur sept jours, témoin le plus fidèle de la tendance réelle des contaminations enregistrées, s'établissait à 56.251 cas contre 54.609 cas mardi et 53.152 le 3 mars. Il s'agit donc du cinquième jour consécutif où le nombre de nouvelles contaminations enregistrées en vingt-quatre heures se trouve supérieur à celui du même jour de la semaine précédente. 

Pour les épidémiologistes, au moins deux pistes pourraient expliquer la légère hausse des contaminations observée.

L'impact de la rentrée scolaire

Tout d'abord, la rentrée scolaire des vacances d’hiver échelonnées ces trois dernières semaines. À en croire les indicateurs de l'épidémie, celle-ci repart en effet dans les départements où les élèves ont retrouvé leur classe il y a quinze jours. À savoir dans la zone A et plus particulièrement la B, qui a repris les cours le 21 février et qui regroupe les académies d’Aix-Marseille, Amiens, Caen, Rennes, Nantes, Lille, Nancy-Metz, Nice, Orléans-Tours et Reims où sont enregistrés les plus forts regains. 

Ainsi, l’incidence hebdomadaire chez les 6-10 ans en Normandie est passée de 725 cas pour 100 000 habitants le 26 février à 946 le 4 mars. Soit une augmentation de 27,3 %. Dans les Alpes-Maritimes, le taux d’incidence a augmenté de 52% entre les semaines du 20 au 26 février et du 27 février au 5 mars, passant de 554,3 à 844,5 nouveaux cas positifs au Sars-CoV-2 pour 100.000 habitants parmi les 6-10 ans. En Moselle, entre ces deux semaines, le taux d’incidence est passé de 1.364,5 à 1.737,2 nouveaux cas pour 100.000 habitants parmi les 6-10 ans. En revanche, ce rebond ne s'observe pas encore dans la dernière zone C (Paris, Créteil, Versailles, Montpellier, Toulouse) où les élèves n'ont repris le chemin de l'école que ce lundi. 

Autre observation qui vient corroborer ce probable impact de la rentrée scolaire : c'est bien chez les moins de 18 ans que le taux de positivité repart à la hausse. À l’échelle nationale, le taux d'incidence parmi les élèves de primaire est 1,2 fois plus élevé qu’en population générale. Entre le 27 février et le 5 mars, Santé publique France a recensé 665,6 nouveaux cas positifs à la Covid-19 pour 100.000 parmi les 6-10 ans contre 542,9/100.000 tous âges confondus. 

L'impact du sous-lignage BA.2 du variant Omicron

Ce possible rebond épidémique s’accompagne également d’une montée en puissance du sous-lignage BA.2 du variant Omicron. "On n'a pas d'explication particulière pour le moment à ce ralentissement de la baisse si ce n'est qu'on observe, comme dans tous les pays, une progression des contaminations liées au variant BA.2, qui représente entre 30 et 40% des cas. On sait qu'il est plus transmissible qu'Omicron, donc il est possible qu'on assiste à une petite résurgence épidémique liée à ce fameux BA.2", nous expliquait lundi Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. Et de préciser : "C'est à surveiller et à confirmer."

Pour autant, cette prise de pouvoir de BA.2 ne signifie pas nécessairement qu'une remontée importante des cas s'ensuivra ces prochaines semaines. "L'expérience des pays qui ont levé les restrictions avant nous laisse penser qu'on n'a, a priori, pas trop de souci à se faire pour les semaines à venir. Si on prend l'exemple du Danemark, il y avait 40 à 60% d'omicron BA.2 quand les restrictions ont été levées début février et ces allégements n'ont pas changé la courbe évolutive. Les Anglais, eux aussi, ont levé les mesures de manière extrêmement brutale, sans impact particulier", note encore le spécialiste.


Audrey LE GUELLEC

Tout
TF1 Info