Covid-19 : la propagation fulgurante du variant Omicron

À l'école ou au bureau, ils continuent de porter le masque : quelle utilité ?

Audrey LE GUELLEC
Publié le 15 mars 2022 à 14h38, mis à jour le 16 mars 2022 à 11h47
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Jugeant la levée des restrictions prématurée, certains Français choisissent de toujours couvrir leur visage.
Principale raison invoquée dans ce contexte de "rebond" épidémique : se prémunir du risque d'infection.
De quoi raviver la confusion concernant le rôle du masque, déjà d'actualité aux prémices de la pandémie.

Depuis le 14 mars, toute personne qui le souhaite peut de nouveau arpenter à visage découvert les écoles, les commerces comme les cinémas, les théâtres, les restaurants ou les foires. Si la levée du port du masque dans les lieux clos semble synonyme de délivrance pour nombre de Français, d'autres ont confié leurs inquiétudes ces derniers jours, à l'heure où les contaminations repartent à la hausse. 

C'est notamment le cas en milieu scolaire ou en entreprise, où certains enseignants, parents d'élèves ou salariés choisissent de continuer à couvrir leur visage ou ceux de leurs enfants. Pour se protéger eux-mêmes, font-ils valoir la plupart du temps, ou indirectement leurs proches "vulnérables".

Vaine protection ?

Le gouvernement lui-même recommande "fortement aux personnes fragiles, du fait de leur âge ou de leurs pathologies, de maintenir le port du masque dans les lieux clos et dans les grands rassemblements". "Faisons parler le bon sens, ça s'adresse même à tous les Français, mais à ceux-là en particulier", a encore insisté ce lundi Jean Castex. Quand Benoit Serre, vice-président de l'Association nationale des DRH, évoque une gestion "à l'individu" concernant le cas des salariés vulnérables en entreprise. Et d'insister : "le masque était obligatoire pour tout le monde, on ne dit pas : le 'sans masque' est obligatoire pour tout le monde". 

Mais ce "cas par cas" a-t-il du sens sur le plan épidémiologique ? Est-ce utile de porter un masque si la personne qui se trouve en face n'en porte pas ? Autant de questions qui ne sont pas sans rappeler celles qui avaient émergé dès le printemps 2020, aux prémices de la pandémie.

Pour bien cerner ce débat, il faut avoir à l'esprit les deux grandes catégories de masques médicaux existantes. Tandis que les masques antiprojections, dits "chirurgicaux", les plus utilisés depuis le début de la crise, ont vocation à éviter de contaminer les autres en rejetant des sécrétions, les masques de protection respiratoire individuelle, sont destinés à protéger ceux qui les portent des risques d’inhalation d’agents infectieux. Équipés d’un système filtrant, ces derniers sont toutefois rarement supportés plus de quelques heures et ne sont donc pas présentés comme les plus adaptés au grand public.

Autrement dit, si les masques équipés d’un système filtrant de type FFP2, utilisés comme il se doit, peuvent protéger leur porteur du Covid, ce n'est pas le cas des "chirurgicaux" qui ne répondent pas aux mêmes normes de protection même s'ils contribuent, dans une moindre à mesure, à réduire les risques d’exposition au virus.

"Un geste de solidarité"

Les nombreuses réactions d'épidémiologistes qui se sont succédé ces derniers jours sont d'ailleurs là pour rappeler qu'il est peu utile, voire inutile, de porter un masque pour se protéger, si la personne qui se trouve en face n'en porte pas. "Il ne faut pas oublier, dans ce contexte, que certaines personnes n'ont pas de réponse immunitaire et que d'autres n'ont pas été vaccinées. Ces deux populations vont être soumises ces prochaines semaines à un risque de contaminations", expliquait notamment Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, il y a quelques jours à LCI. "Le fait pour ces dernières, comme pour celles à leur contact, de continuer à porter le masque tant qu'on n'est pas revenu à des seuils épidémiques vraiment très faibles serait à mon sens une mesure prudente".

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"Le port du masque, c'est se protéger soi-même, mais aussi un geste de solidarité pour les personnes vulnérables", abonde l'épidémiologiste Antoine Flahault auprès de  Franceinfo, rappelant par la même occasion que "c'est dans tous les lieux clos, mal ventilés, qui reçoivent du public, qu'on se contamine". Sollicité par Ouest-France, Pascal Crépey préconise "que les gens adaptent leur comportement en fonction du risque et de la situation dans laquelle ils sont".


Audrey LE GUELLEC

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