PROTECTION - Si les autorités de santé donnent leur feu vert, six millions d'enfants de 5 à 11 ans pourront se faire vacciner contre le Covid, sur la base du volontariat. Une mesure déjà approuvée notamment aux États-Unis et en Israël. Avec quels effets ?

Le gouvernement envisage d'ouvrir la vaccination contre le Covid-19 "à tous les enfants" de 5 à 11 ans, "sur la base du volontariat, si possible d'ici à la fin de l'année", a déclaré lundi 6 décembre Jean Castex. Pour les 360.000 enfants "à risque" de développer des formes graves du virus, la vaccination a déjà reçu le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) et "commencera dès le 15 décembre", a indiqué le Premier ministre. Pour les autres enfants, soit environ 6 millions de 5-11 ans, l'exécutif attend encore les "feux verts" de la HAS et du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). "En pratique, cela pourrait commencer aux alentours du 20 décembre pour les centres de vaccination, du 27 décembre pour la médecine de ville et les pharmacies", a précisé Olivier Véran. 

Pour autant, est-il utile de vacciner les plus petits ? Cette question suscite le débat avec à chaque fois la même préoccupation pour les parents : "On n'a pas assez de recul", disent-ils. Pour le Pr Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, une chose est sûre, les enfants jouent un rôle sur la circulation du Covid. "On sait qu'il circule fortement chez cette population puisqu'on a des taux d'incidence extrêmement élevés. La vaccination est donc un élément supplémentaire pour diminuer la circulation du virus et arriver peut-être à cette immunité collective dont on parle", explique-t-il dans le JT de 20H.

4 millions d'enfants vaccinés aux États-Unis

Toutefois, pour les enfants eux-mêmes, l'intérêt du vaccin contre le virus est moins marqué. Ils ont en effet 25 fois moins de risque de développer une forme grave de la maladie. Et seuls trois enfants sont décédés du Covid depuis le début de la pandémie. Il s'agit donc d'évaluer le rapport entre bénéfice et risque. Pour ce faire, il est intéressant de regarder comment cela se passe dans les pays qui vaccinent déjà les moins de 12 ans - notamment le Canada, Israël, le Chili, les Émirats, Cuba, le Cambodge, le Venezuela, mais aussi les États-Unis. Là-bas, quatre millions d'enfants le sont déjà. 

La Dr Milagros Ariza, pédiatre à Washington, a déjà réalisé deux cents injections et se montre rassurante : "On demande aux parents de vraiment nous appeler s'il y a des effets secondaires inquiétants. Si la fièvre monte", détaille-t-elle. Mais, à ce jour, les médecins n'ont reçu aucun signalement. En revanche, pour évaluer le risque de péricardite ou de myocardite particulièrement, il faut attendre les données de pharmacovigilance sur plusieurs dizaines de milliers d'enfants américains. Probablement d'ici à quelques jours. 

En Europe, les enfants étant actuellement la classe d'âge la plus touchée, l'OMS a appelé mardi à mieux les protéger, tout en gardant la vaccination obligatoire de la population comme une option de "dernier ressort absolu". Pour éviter de nouvelles fermetures de classe et le retour de l'enseignement à distance, la branche européenne de l'organisation conseille de renforcer les tests dans les écoles et d'envisager la vaccination des enfants scolarisés.

Face à une hausse des contaminations, l'autorité sanitaire portugaise a d'ores et déjà recommandé que les enfants de cinq à onze ans soient vaccinés contre le Covid-19, tandis qu'en Espagne, la vaccination de cette tranche d'âge interviendra à partir du 15 décembre.


V. F - Reportage J. Devambez, M. Brossard, F. Maillard et J. Corbillon.

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