Variant Omicron : transmission, efficacité du vaccin... ce que disent les premières études

TF1 | Reportage C. Bayle, J. Devambez
Publié le 9 décembre 2021 à 11h33, mis à jour le 9 décembre 2021 à 20h50

Source : JT 20h Semaine

EXPLICATIONS - Apparu en Afrique du Sud, le variant Omicron suscite la mobilisation des chercheurs du monde entier. Ce mercredi, les résultats de trois études préliminaires sur l’efficacité des vaccins face au variant Omicron ont été dévoilés.

Omicron semble avoir un taux de réinfection plus élevé, mais provoquer des symptômes moins sévères, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que les laboratoires Pfizer et BioNTech ont assuré que leur vaccin contre le Covid-19 était "toujours efficace" après trois doses face à ce variant. 

"Des données préliminaires venant d'Afrique du Sud suggèrent un risque de réinfection" des personnes guéries de la maladie ou vaccinées "plus élevé avec Omicron, mais davantage de données sont nécessaires" pour tirer des conclusions plus fermes, a prudemment déclaré le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Il y a aussi des éléments qui laissent à penser qu'Omicron provoque des symptômes moins graves que Delta - actuellement le variant le plus répandu -, mais là aussi il est trop tôt pour en être certain", a-t-il ajouté.

Le vaccin actuel est-il efficace ?

Pfizer et BioNTech ont de leur côté insisté sur l'efficacité de leur vaccin actuel contre le variant Omicron. Ces annonces ont été précédées par celles de scientifiques de haut rang de l'OMS et de la Maison Blanche, selon lesquels les vaccins existants contre le Covid-19 demeurent a priori pertinents face à ce variant, dont la récente découverte en Afrique du Sud suscite un vent de panique. La virologue américaine Angela Rasmussen a estimé que les premières données publiées par Pfizer et d'autres études indépendantes étaient "au moins encourageantes". "Une troisième dose va réduire le risque d'infection survenant chez les personnes vaccinées", a-t-elle déclaré. Mais les premiers résultats, très partiels, d'une étude tempèrent aussi cet optimisme affiché. Selon l'Africa Health Research Institute (AHRI), un organisme sud-africain ayant patronné l'une des premières études sur la résistance aux vaccins d'Omicron, celui-ci "échappe en partie à l'immunité conférée" par le vaccin Pfizer.

Pour l'heure, prudence donc. "Dans l'efficacité des vaccins, il n'y a que les anticorps qui jouent, il y a aussi ce qu'on appelle la réponse cellulaire. Donc, c'est trop prématuré ce qu'on a aujourd'hui comme données (...). C'est beaucoup trop tôt pour s'aventurer à faire des prédictions", souligne le Pr Odile Launay, responsable du Centre d'investigation clinique vaccins à l'hôpital Cochin (AP-HP), interrogée dans le sujet en tête de cet article. D'ailleurs, la 3ᵉ dose devrait permettre de faire remonter suffisamment les anticorps. Le laboratoire Pfizer assure qu'en cas de besoin, il pourrait fournir un vaccin nouvelle formule d'ici mars 2022.


TF1 | Reportage C. Bayle, J. Devambez

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