La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

VIDÉO - Des comédiens pour tester l'accueil des patients : la méthode qui choque les soignants de l'hôpital de Brive

V. Fauroux | Reportage vidéo C. Paredes et E. Sarre
Publié le 9 décembre 2021 à 10h35
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

COLÈRE - Afin de tester la prise en charge des malades, la direction de l'hôpital de Brive a embauché des acteurs pour jouer de faux patients. Des soignants de l'établissement expriment leur stupéfaction auprès de TF1.

La direction de l'hôpital de Brive est-elle allée trop loin ? Dans le but d'améliorer la prise en charge des patients, elle a décidé fin novembre, en pleine flambée de l'épidémie de Covid, de faire appel à des comédiens pour tester le personnel dans six services de l'établissement. Les seuls au courant de la supercherie étant les médecins chefs de pole et les cadres de service. 

Mais le stratagème a fait long feu après qu'un comédien a sans doute trop bien joué son rôle en interprétant un malade atteint de troubles psychologiques sévères, semant la panique au sein du service psychiatrique. Il a mis fin lui-même au sketch. Un agent qui l'a accueilli raconte sa stupéfaction à TF1 dans le reportage du 13H en tête de cet article. Elle a souhaité garder l'anonymat : "Moi toute seule, malgré mes 12 ans de métier, je n'arrivais pas à m'en sortir, ça n'avançait pas, et j'avais une certaine pression puisque j'avais des appels, d'autres patients à m'occuper. On a été jusqu'à quatre personnes à le prendre en charge en simultané pour essayer de savoir pourquoi il était là et comment on pouvait lui venir en aide", explique-t-elle.

"Une méthode inacceptable"

Alors que l'hôpital vient d'activer le niveau 2 de son plan blanc, cette initiative passe mal au sein d’un établissement déjà mis à mal par la crise sanitaire. Le personnel dénonce "une méthode inacceptable", tandis que les syndicats estiment que la priorité du moment n'est pas de jouer la comédie, mais bien de s'occuper des patients. 

"Là où ça a dérapé, c'est qu'à un moment, des consultations ont été arrêtées parce qu'il fallait traiter cette personne qui était déboussolée, qui a joué son rôle, jusqu'au moment où la supercherie est tombée. Et là, c'est la colère qui a prédominé", souligne Victor Teixiera, secrétaire CGT. "Il y a vraiment une colère ; j'ai rencontré certains de ces agents qui m'ont dit qu'il y avait vraiment une rupture de confiance avec l'établissement", ajoute Marie-Laure Vaurie, responsable CFTC santé-sociaux. 

Même étonnement du côté des habitants : "Je pense que le personnel a raison, ils font ce qu'ils peuvent, ils se démerdent comme ils peuvent, c'est très difficile", s'emporte un riverain. "On n'est pas au moment de s'amuser, de faire des choses pareilles, c'est sérieux", renchérit une jeune femme. 

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De son côté, la direction de l'hôpital confirme l'expérience et parle d'un "épisode regrettable", mais elle n'a pas souhaité s'exprimer devant les caméras de TF1. Une expérience du même genre devait avoir lieu au mois de janvier, elle a été annulée. 


V. Fauroux | Reportage vidéo C. Paredes et E. Sarre

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