Le 20h

VIDÉO - Découvrez comment la plateforme LUMIÈRE de l’hôpital Necker révolutionne l'observation in utero du fœtus

Léa Tintillier | Reportage C. Bayle, J.F. Drouillet
Publié le 20 décembre 2021 à 9h28
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Source : TF1 Info

RECHERCHE – L’hôpital Necker–Enfants Malades a créé la plateforme LUMIÈRE, un centre de recherche qui permet d’observer le fœtus en 4D et ainsi d’identifier et de soigner certaines maladies avant la naissance. Une avancée médicale considérable.

L’hôpital Necker – Enfants Malades s’est doté d’une plateforme intégrée de recherche clinique et d’enseignement en imagerie médicale de la femme enceinte, du fœtus et du placenta. Ce centre de recherche, nommé LUMIÈRE, a pour but d’assurer un meilleur suivi de la grossesse et de l’enfant à naître, mais aussi de comprendre, identifier et soigner certaines maladies avant même la naissance. 

Ce jour-là, Morgann, cinq mois de grossesse, est venue se prêter à l’expérience. "Étant déjà maman d’un petit garçon de quatre ans, on est forcément touché par ce genre de sujet. C’est juste un petit peu de temps et je pense que ça peut faire avancer donc je suis ravie", témoigne-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Le programme démarre par une échographie, mais qui n’a rien de classique. L’examen est en effet plus poussé grâce à des outils d’imagerie dernier cri. Morgann et l’échographiste découvrent ainsi le bébé en 4D. "Alors ça, ça nous intéresse beaucoup. Pas seulement juste pour faire plaisir aux parents. Il y a des anomalies au niveau de la face qui peuvent se retrouver donc ça peut nous orienter sur certaines pathologies", explique le Dr Jean-Philippe Bault devant l’écran. 

Une échographie qui permet d’observer le placenta

Pour la première fois, l’appareil permet de capter la vascularisation du cerveau ou encore le fonctionnement du placenta, organe indispensable. "C’est là que se produisent les échanges, c’est là que se passent mal, certaines fois, ces échanges, donc ce qui entraîne des retards de croissance. C’est un axe de recherche important et ça va certainement être une voie d’avenir pour envisager des traitements de ces fœtus qui ont du mal à pousser", poursuit l’échographiste. 

Mais l’échographie à elle seule ne permet pas de tout voir. L’examen de Morgann se poursuit en salle d’IRM, qui est sans risque pour la future maman et le bébé, mais plus sportif pour l’équipe médicale. "Nous, on a deux personnes à gérer : d’abord la maman avec son confort, mais également le bébé, qui lui est dans une grande piscine. Donc on est un peu obligés de lui courir après", sourit Charline Henry, ingénieure de recherche. 

Sur les écrans, le fœtus se découvre en entier et en mouvement. La séance peut durer de 40 à 50 minutes. Morgann peut alors découvrir en vidéo son bébé, qui n’a pas arrêté de gigoter. "Ça permet de comprendre un peu mieux ce qui se passe à l’intérieur parce que finalement pour nous qui ne sommes pas médecins, ça reste quand même un grand mystère. Je pourrais lui montrer tout ça, c’est génial", se réjouit la future maman. 

"Soigner le fœtus avant qu’il ne devienne un enfant malade"

Pendant ce temps, les images récoltées puis retravaillées apportent de précieux indices aux chercheurs qui observent notamment des fibres du cerveau jamais vues sous cet angle. "Dans certaines malformations, on n’est pas capables de dire si les fibres sont présentes ou si elles sont désorganisées", affirme le Dr David Grevent, radio-pédiatre. 

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Les perspectives de compréhension de maladies et de traitements offertes par cette technologie sont vertigineuses pour les spécialistes de la naissance. "Ce fœtus, habituellement, on ne peut pas l’examiner, on ne peut pas le voir, on ne peut pas le toucher, on ne peut pas l’ausculter. L’échographie et l’IRM telles qu’elles sont pratiquées ici à LUMIÈRE nous permet enfin d’approcher ce fœtus et de pouvoir espérer mieux le soigner avant qu’il ne devienne un enfant malade", conclut le Professeur Laurent Salomon, codirecteur de la fondation. 

À ce jour, plus de 300 femmes ont déjà permis d’alimenter cette banque d’images très précieuse pour l’équipe médicale, et les médecins recherchent encore des volontaires.


Léa Tintillier | Reportage C. Bayle, J.F. Drouillet

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