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Privés d'eau potable depuis plus de 3 mois : la galère de 4000 habitants du Jura

V. Fauroux |Reportage vidéo Claire Eckersley, Lucas Lassalle
Publié le 22 avril 2022 à 9h58
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Plus de 3 mois sans eau potable, c'est ce qu’endurent les habitants de 13 villages du Jura.
À cause de la présence d'un pesticide, 4000 personnes ont l’interdiction de boire l’eau du robinet ou de l’utiliser pour cuisiner.

Pour faire son café du matin, laver ses légumes ou cuire ses aliments, Bernard Molherat, un habitant de Montmirey-le-Château dans le Jura, utilise désormais des bouteilles d'eau. "Entre la moitié et les trois-quart y passe rien que pour une salade. Après il y a les légumes, donc la bouteille entière va y passer pour la conception d'un repas", témoigne-t-il, fataliste, dans la vidéo du 

13H de TF1 en tête de cet article. Il en écoule jusqu'à douze chaque semaine, car depuis trois mois, il n'est plus question pour lui de consommer l'eau du robinet. "On nous a recommandé de ne plus l'utiliser parce qu'il y a des risques", dit-il.

Le Syndicat des eaux conteste

En cause, la présence d'un pesticide utilisé par l'agriculture qui a contaminé l'eau potable. Alors, deux fois par semaine, Bernard doit se rendre dans les communes épargnées pour s'approvisionner. "Ça peut m'arriver de faire 35 km et d'autres fois, 30 km", précise-t-il. Et par solidarité, il fournit régulièrement des packs d'eau aux plus fragiles. Un soulagement pour Jeanne, une retraitée agacée par la situation. "Quand on a un service, on nous envoie les factures. Je viens de recevoir la mienne que j'ai déjà payée d'ailleurs. Ils n'en tiennent aucun compte", regrette la vieille dame. 

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En tout, treize communes du Jura sont concernées par les recommandations de l'Agence régionale de santé (ARS). Ici, la présence de pesticide dépasse la limite autorisée, fixée à 0,1 microgramme par litre. Une norme contestée par le Syndicat des eaux, "car elle est basée sur aucun fondement scientifique", s'insurge son président, Bernard Perrinet. Pour décontaminer l'eau, le syndicat va notamment devoir investir dans l'installation d'un filtre à charbon actif. "Ce qui nous fait un coût global autour de 400.000 euros. Aujourd'hui, je ne sais pas comment on va finir l'année", s'inquiète-t-il. Le filtre devrait être installé d'ici juin. Pour l'heure, aucun problème de santé lié à la contamination n'a été détecté.


V. Fauroux |Reportage vidéo Claire Eckersley, Lucas Lassalle

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