La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Dr Gérald Kierzek sur le variant Delta : "Si les plus fragiles sont vaccinés, ce virus ne fait pas du tout les mêmes dégâts"

Publié le 5 juillet 2021 à 19h47
JT Perso

Source : Le 20h l'Edition Spéciale

En Angleterre, malgré le variant Delta et l'augmentation rapide du nombre de contaminations, les hospitalisations au Royaume-Uni augmentent très peu. Si la quatrième vague arrive finalement chez nous, ce n'est pas si important que ça ?

Lorsqu'on parle de quatrième vague, on a toujours parlé de vague d'hospitalisation. Donc, il n'y a pas de quatrième vague entrant en Angleterre, selon le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP). Ce n'est pas une vague d'hospitalisation, précise-t-il. Pour lui, les raisons peuvent être multiples. Il y a d'abord la vaccination. Elle a été prouvée et fonctionne notamment pour prévenir les formes graves chez les patients fragiles. C'est vraiment un message incitatif à la vaccination, explique le médecin urgentiste. Il y a probablement aussi le variant, poursuit-il. Lorsqu'un virus va muter, il peut s'affaiblir et devient peut-être plus contagieux, mais moins virulent. Et puis, il y a peut-être aussi une immunité naturelle ou une immunité collective. Le virus a beaucoup plus de mal à pénétrer dans la population quand il touche des gens plus jeunes et pas les plus fragiles. Et si les plus fragiles sont vaccinés, ce virus ne fait pas du tout les mêmes dégâts, explique-t-il.

Mais au-delà de la vaccination à l'hôpital, en France en particulier, y a-t-il d'autres choses, d'autres gestes, d'autres précautions à prendre, avant l'arrivée probable de ce variant ? Pour le médecin urgentiste, il y a deux types de mesures possibles. Prévenir d'abord les formes graves ou les contaminations par des gestes barrières simples : on aère, on se lave les mains, on porte un masque en intérieur, on se vaccine surtout pour les plus fragiles. Et une fois qu'on a le virus et que les gens sont contaminés, il faut préparer les hôpitaux. Je ne comprends pas qu'on ne le prépare pas, qu'on ne dote pas les hôpitaux, notamment de proximité, qu'on n'augmente pas les services de réanimation, s'insurge-t-il. Alors que ça permettrait tout simplement d'anticiper sur une vague potentielle de coronavirus ou d'autres épidémies. On sait que, chaque année, on manque globalement de lits d'hospitalisation, conclut-il.


La rédaction TF1 Info

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