Le 20h

VIDÉO - "C'était insupportable" : des femmes témoignent de graves brûlures après une épilation à la lumière pulsée

M.G | Reportage TF1 Laura Adda, Vincent Capus, Lise Cloix
Publié le 28 octobre 2022 à 10h19
JT Perso

Source : TF1 Info

Des centaines de femmes rapportent sur les réseaux sociaux des cas de brûlures et de cloques après des séances d'épilation définitive à lumière pulsée.
Plusieurs d'entre elles ont l'intention de porter plainte.
Le 20H de TF1 a mené l'enquête et recueilli le témoignage d'une victime.

Un coup de laser et adieu aux poils. Cette promesse de l'épilation à lumière pulsée ne se passe pas toujours sans accro. Loin de là. Ses jambes meurtries recouvertes de bandages, Coralie Costa fait part à TF1, dans le reportage ci-dessus, de la douleur de l'opération qu'elle a subie. "Là, c'est sur mon mollet. Là où j'ai été le plus atteinte", met-elle en avant, en montrant sur son smartphone une photo où apparaissent des brûlures impressionnantes. La séance a été anormalement douloureuse, dénonce-t-elle. "C'était insupportable. J'ai eu l'impression qu'on me cramait vraiment la peau (sic)", continue-t-elle. "J'ai prévenu plusieurs fois : là, j'ai vraiment mal"

Des "douleurs physiques, psychiques, morales"

Dès le lendemain, des traces de brûlures et des cloques sont apparues sur les jambes de cette jeune femme. Elle s'est alors immédiatement rendue aux urgences. "Ils m'ont fait un papier comme quoi, effectivement, je me suis fait brûler au deuxième degré à cause de la séance", affirme-t-elle. Signe de l'importance de la blessure, un médecin lui a prescrit des soins quotidiens et l'interdiction de s'exposer au soleil pendant trois ans. 

Son cas est loin d'être isolé. Sur les réseaux sociaux, des centaines de témoignages d'expériences similaires affleurent. Me Emma Leoty, avocate au cabinet Goethe (Paris), a déjà reçu une dizaine de dossiers. "Je me dis : 'mais que s'est-il passé pendent cette séance d'épilation ?", s'interroge-t-elle, images à l'appui. "Les douleurs sont physiques, psychiques, morales", dénonce-t-elle. Les préjudices sont aussi d'ordre financier, car les forfaits pour ce type d'opérations peuvent coûter plus de 2000 euros. En tout, au moins une dizaine de plaignantes souhaiteraient porter plainte contre l’enseigne Dépil Tech, selon BFMTV. 

Ce n'est pas normal d'avoir très pas

Dr Bénédicte Bénéton

Si certains en doutaient, ces machines sont puissantes. Raison pour laquelle la Dr Bénédicte Bénéton, médecin esthétique à Boulogne-Billancourt, par exemple, réalise un entretien préalable d'une heure avec ses patientes. Tout en sensibilisant sur les risques, elle rappelle qu'il "ne faut surtout pas être bronzée". "Lorsque vous être bronzée, le laser va brûler la peau, au lieu de s'attaquer à la mélanine du poil", précise-t-elle. En cas de brûlure, certains signes ne trompent pas : "Ce n'est pas normal d'avoir très mal. Ce n'est pas normal. C'est le premier signe, c'est pour ça que c'est important d'écouter le patient"

Une formation insuffisante ?

L'utilisation des appareils à lumière pulsée a été autorisée en 2019 dans certains centres spécialisés. Mais les salariés sont-ils suffisamment formés ? "On nous montre des photos. On nous fait un petit peu peur en nous disant qu'il ne faut pas que l'on brûle les clientes. Bien sûr, sur le moment, on prend conscience de cela et on se dit que l'on n'est pas assez formées. Mais on nous lance directement sur le terrain", critique une ancienne professionnelle. "On a des primes sur les chiffres et c'est là aussi qu'il peut y avoir des dérives en prenant des clientes qui ne sont pas forcément éligibles à la lumière pulsée", ajoute l'une de ses ex-collègues au micro de TF1. 

 Au contraire, Depil Tech, enseigne leader sur le marché, affirme mettre en place toutes les mesures adéquates dans son centre de formation. "C'est là que l'ensemble des praticiennes utilisent tout le matériel de lumière pulsée", décrit Paul Mauvenu, co-fondateur de la firme. Il minimise la responsabilité du centre : "Sur 500.000 clients, il y a eu de très rares cas de brulures". "Mais c'est notre devoir de régler ce type d'incident et d'en trouver les responsables", reconnaît-il tout de même. 

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L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) préconise, de son côté, de créer un socle commun de formation pour homogénéiser les savoir-faire. 


M.G | Reportage TF1 Laura Adda, Vincent Capus, Lise Cloix

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