Le 20h

VIDÉO - La rémunération des médecins intérimaires plafonnée : "Je ne pense pas ne pas mériter mon salaire"

par La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Caroline Bayle, Xavier Boucher
Publié le 29 mars 2023 à 15h54, mis à jour le 29 mars 2023 à 16h05
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les médecins intérimaires coûtent très cher à l'hôpital, certains étant payés plus de 2000 euros pour 24 heures, mais ils y sont devenus indispensables.
À partir de lundi prochain, ils ne pourront plus être payés plus de 1390 euros brut.
Deux d'entre eux témoignent auprès de TF1.

Dans sa chambre d'hôtel, le docteur Reboli s'apprête à rejoindre un hôpital de la région parisienne pour un remplacement de quelques jours. "Dès qu'on a un appel, on va boucher les trous, on se déplace, on est disponible", explique-t-il à TF1 dans le reportage ci-dessus. Cet urgentiste, président du syndicat des médecins remplaçants hospitaliers, a choisi d'être intérimaire après douze ans passés dans un service d'urgences, et un burn-out. Aujourd'hui, il travaille où et quand il le souhaite, de Douai, à Valence en passant par les Sables-d'Olonne. Les tarifs varient selon les vacations. "Ça va de 35 à 65 euros de l'heure, ce qui fait effectivement, multiplié par des journées de 24 heures, des sommes qui font de 1200 à environ 2000 euros, précarité et congés payés compris, indique-t-il. Avant de poursuivre : "Je ne pense pas ne pas mériter mon salaire quand je soigne des patients, que je sauve des vies ou que j'annonce des mauvaises nouvelles à des familles".

1200 à 2000 euros net, ne sera plus possible dès ce lundi 3 avril : un décret fixe la garde de 24 heures à 1390 euros brut, soit 1112 euros nets maximum. 

TF1

Ce nouveau plafond revalorisé - il était jusqu'ici 20% moins élevé, mais n'était pas vraiment respecté -, annoncé lundi par le ministre de la Santé François Braun, vise à mettre fin aux abus de certains intérimaires. "Il y a des intérimaires qui dépassaient de beaucoup le plafond - quand c'est 4000 euros la journée, on est à plus de deux fois le plafond -, et dans ces cas-là, il y a une discussion pour proposer des contrats avec ces intérimaires et permettre aux établissements de poursuivre leur activité", assure à TF1 Stéphanie Rist, députée du Loiret qui a donné son nom à la loi, adoptée en 2021, prévoyant l'interdiction pour les hôpitaux de dépasser le plafond de rémunération des médecins intérimaires.

Car s'ils coûtent cher à l'hôpital, ces soignants nomades sont devenus indispensables. De 6.000 il y a dix ans, ils sont plus de 10.000 aujourd'hui. À Flers, en Normandie, ils représentent 60% des effectifs aux urgences. Même situation au sein de l'hôpital dans le service du docteur Henneresse : ils ne sont plus que deux titulaires au lieu de cinq pour soigner les cancers digestifs. "Il y a une telle pénurie de médecins que ce qui était auparavant l'exception est devenue la règle, souligne-t-il. Et certains qui sont à l'hôpital et voudraient y rester se disent finalement 'est-ce que ce n'est pas mieux d'être intérimaire, parce que je vais tout de suite gagner beaucoup d'argent ?'"

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C'est un cercle vicieux : hors de question pour beaucoup d'intérimaires de reprendre un poste fixe à l'hôpital tant que les salaires ne seront pas augmentés, ce qui n'est pas prévu. Olivier Le Pennetier, médecin remplaçant depuis quelques mois, ne se satisfait pas non plus des nouveaux tarifs de l'intérim. "Je me pose réellement la question d'arrêter l'activité de soins, vraiment beaucoup, lance-t-il dans le reportage de TF1. Ou alors de continuer les soins, mais pas forcément en France". 

En attendant, il a signé un contrat de six mois pour dépanner un hôpital. Un type de contrat que les hôpitaux tente de multiplier auprès des intérimaires pour éviter des fermetures de service.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Caroline Bayle, Xavier Boucher

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