L'épidémie de choléra à Mayotte est "circonscrite", a indiqué ce vendredi le ministre de la Santé Frédéric Valletoux.
Il n'y a "pour l'instant qu'un seul foyer", dans le quartier Kirson à Koungou, a-t-il déclaré sur RTL.
Sur LCI, la députée de Mayotte Estelle Youssouffa dénonce de son côté le manque de personnel médical sur l'île.

L'épidémie de choléra à Mayotte "est sous contrôle" et "circonscrite". Le gouvernement, par la voix du ministre délégué en charge de la Santé Frédéric Valletoux, veut dissiper les inquiétudes dans ce département français, alors qu’une fillette de trois ans est décédée mercredi. L'épidémie a touché pour le moment 65 personnes à Mayotte, a annoncé, vendredi 10 mai, Frédéric Valletoux, en déplacement sur l'île. Il n'y a "pour l'instant qu'un seul foyer", le quartier Kirson à Koungou, a-t-il déclaré sur RTL, tout en relevant une "lente élévation du niveau de personnes touchées". Selon Frédéric Valletoux, la maîtrise de l’épidémie est rendue possible par "l’intervention des services de santé sur la vaccination, la prise en charge et l'accompagnement des personnes touchées".

Un peu plus tôt, en marge d'une visite du CHU de l'île, le ministre avait déjà estimé que l'épidémie de choléra était "contenue". "Il n'y a pas d'explosion, mais ça ne veut pas dire que ça va s'arrêter du jour au lendemain", a déclaré le ministre à la presse. L'épidémie a démarré "le 18 mars" dans le 101e département français situé dans l'océan Indien, a-t-il rappelé, avec des premiers cas "arrivés des Comores" voisines, où l'épidémie flambe et a déjà fait 98 morts, selon le dernier bilan officiel.

Un "désert sanitaire"

Si le gouvernement rassure, certains élus s’inquiètent, comme la députée de la 1ʳᵉ circonscription de Mayotte, Estelle Youssouffa. Elle dénonce un manque criant de personnel médical sur cette île qui ne compte qu'un hôpital et cinq urgentistes, pour 310.000 habitants, selon des chiffres officiels de la population. Un indicateur qui pourrait être largement sous-estimé, en raison de la forte immigration illégale sur ce territoire, selon les experts. "Le risque pour Mayotte, c’est l’effondrement de notre maigre système de santé face à l’épidémie de choléra. Nous sommes un désert sanitaire (...) et nous n’avons pas de Samu", constate auprès de LCI la députée membre du groupe Liot. "Des dizaines de milliers de personnes s’entassent dans des bidonvilles, dans des conditions absolument indignes, sans eau courante et sans assainissement", déplore-t-elle. 

Frédéric Valletoux a reconnu les difficultés auxquelles font face le système de santé et les soignants sur l'île. "Les équipes ici souffrent parce qu'elles sont soumises en permanence et depuis longtemps à des rythmes extrêmement tendus", a-t-il constaté. "Des travaux" d'extension et de modernisation de l'hôpital, pour 242 millions d'euros, "démarrent dans quelques semaines", a-t-il dit, auxquels s'ajoute l'engagement des pouvoirs publics "à construire un deuxième hôpital dans une autre partie de l'île".

Pas de vaccination "tout azimut"

Selon Frédéric Valletoux, 3700 personnes ont pour l'instant été vaccinées à Mayotte dans le seul quartier de Kirson. "La stratégie vaccinale pour le choléra n'est pas de vacciner tout azimut et à l'aveugle", mais "par pallier", avec une vaccination de l'entourage des personnes touchées et des gens ayant été en contact avec celles-ci dans les dernières 48 heures, a expliqué le ministre. "Des stocks, on en a. Il y a aujourd'hui à peu près 7000 vaccins sur l'île, 6000 vaccins arrivent la semaine prochaine. On a encore des doses possibles et dans des volumes plus importants pour le début de l'été."

Par ailleurs, alors que le choléra se transmet notamment à travers des eaux contaminées par la bactérie, "l'État va continuer des distributions d'eau autant que nécessaire" et "des rampes d'eau ont été installées dans certains quartiers", a précisé Frédéric Valletoux. Venus de métropole, 86 réservistes, infirmiers et médecins, sont arrivés sur le terrain, a-t-il ajouté.


JC avec AFP

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