Le département de la Guyane est submergé par l'épidémie, mais sa population rejette également massivement la vaccination. Même les élus ne veulent pas inciter les habitants à sauter le pas. Nous tentons de comprendre une telle méfiance.

C'est le moment que redoutaient les médecins. Dans l'hôpital de Cayenne, il faut désormais trier les patients. Depuis le début du mois août, 61 personnes sont décédées du covid en Guyane, donc plus d'une vingtaine en seulement une semaine. Un triste record pour le personnel épuisé, même les soignants non vaccinés ont été appelés en renfort. "La fatigue tant sur le plan physique que psychologique se fait ressentir, mais il faut tenir jusqu'au bout", dit Dr Antoine Edo, neuropédiatre de cet hôpital. Un appel toujours pas entendu par une population rétive à la vaccination. Seuls 30 % d'entre eux ont reçu une vaccination.

Pires, en Guyane, les habitants vont même jusqu'à défier les forces de l'ordre et demander la fermeture d'un vaccinodrome. Et ce n'est pas les autorités locales qui les feront changer d'avis. Le président de la collectivité territoriale, Gabriel Serville, refuse d'encourager la vaccination. "Certaines personnes attendent de moi que je prenne position forte en faveur de la vaccination. Et lorsque vous voyez qu'il y a plus de 70 % de la population qui refuse d'aller dans cette direction et qui est campée sur sa position, je me dis qu'il y a des risques énormes que je ne peux pas prendre en l'état actuel des choses", explique-t-il.

Cet élu craint des débordements et des violences physiques de la part de la population . Autre figure de la Guyane, Christiane Taubira refuse, elle, aussi de se prononcer. Pour soulager les hôpitaux, hier, quatre patients ont été évacués vers la Guadeloupe.


La rédaction de TF1info

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