Le 20h

Frais médicaux : les abus dans le viseur

V. Fauroux - Reportage vidéo : Jean-Marie Bagayoko et Pascal Michel.
Publié le 26 septembre 2022 à 20h25
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Arrêts maladies de complaisance, soins inutiles... l'exécutif dit stop aux abus.
Ainsi, les arrêts de travail délivrés en téléconsultation ne seront plus remboursés, même si "des cas particuliers seront pris en compte", assure le ministre de la Santé.
L'Assurance maladie estime le montant des fraudes à plusieurs centaines de millions d'euros.

Ils poussent comme des champignons partout en France, même dans les centres commerciaux. Sept jours sur sept, ces centres de santé promettent de casser les prix des soins dentaires. "Ça me permet d'avoir entre 4 et 6 patients de plus par jour", avance un médecin dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. Mais d'après l'assurance maladie, ces centres dentaires low cost surfacturent des soins. Le montant total s'est élevé à 1,7 milliard d'euros l'année dernière, soit +42% en trois ans. C'est quatre fois plus que les dépenses des chirurgiens-dentistes libéraux. 

Le Dr Patrick Solera, président de la Fédération des Syndicats Dentaires Libéraux, dénonce un pillage : "On facture des soins à l'appel", dit-il. Par exemple, pour un simple détartrage, le centre dentaire va facturer d'autres soins (plombage, couronne, dévitalisation...) dont vous n'avez pas besoin. "Il y a une pression quotidienne sur le chiffre d'affaires, qui est imposé à chaque praticien salarié, souvent des jeunes chirurgiens-dentistes. Ces derniers sont obligés de faire du chiffre. Mais comme tout le système se fait en tiers payant, le patient n'est pas au courant de ce qui a été facturé", explique le chirurgien-dentiste. Aujourd'hui, plus de 80 centres dentaires sont dans le viseur de l'assurance maladie. 

Les centres ophtalmologiques ne sont pas en reste. Ils facturent, eux-aussi, des actes fictifs, notamment sur la vision des couleurs. Des enquêteurs dédiés à la traque des fraudes ont mis à jour des escroqueries. Au total, 26 plaintes ont été déposées.

Il y a un certain nombre de sociétés, parfois très grosses, qui aujourd'hui font la promotion d'un exercice de la téléconsultation que je qualifierais de commercial.

Patrick Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français

Désormais, la chasse aux fraudeurs semble ouverte sur tous les fronts. Le gouvernement va ainsi supprimer les remboursements des arrêts de travail délivrés par téléconsultation, hors médecin traitant, a annoncé dimanche le ministre délégué au Budget Gabriel Attal. Toutefois, ce mardi, François Braun, le ministre de la Santé, a tenu à donner quelques précisions. Il a notamment assuré que certains "cas particuliers" continueraient à être pris en charge.

Pour  le docteur Patrick Devulder, gastro-entérologue, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), "il y a un certain nombre de sociétés, parfois très grosses, qui aujourd'hui font la promotion d'un exercice de la téléconsultation que je qualifierais de commercial". Et d'ajouter : "Or l'empreinte territoriale du bassin de population est un gage de sécurité sur la prise en charge et de qualité de la prise en charge", assure-t-il.

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L'année dernière, les arrêts de travail obtenus par téléconsultation ont coûté près de 100 millions d'euros à l'Assurance maladie. 


V. Fauroux - Reportage vidéo : Jean-Marie Bagayoko et Pascal Michel.

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