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"Sept à Huit" - "Je suis passé de 183 à 80 kilos" : au cœur de la clinique des obèses

M.D. | Reportage "7 à 8"
Publié le 20 mars 2022 à 17h20, mis à jour le 22 mars 2022 à 11h00
JT Perso

Source : Sept à huit life

Ces vingt dernières années, la chirurgie de l’obésité a explosé en France.
Une équipe de "Sept à Huit" a suivi quatre patients à différents stades de leur parcours.
S'ils font part de leur délivrance, ils racontent aussi les difficultés liées à leur nouvelle vie.

Sous le poids des kilos, leur état de santé s’est dégradé, au point de mettre parfois leur vie en danger. Chaque année, 60.000 personnes ont recours à la chirurgie de l’obésité en France, soit vingt fois plus qu’il y a vingt ans. À Lille, à la clinique privée de La Louvière, un service est entièrement dédié à ce type d’intervention. Une équipe de "Sept à Huit" a suivi quatre patients de cette unité qui ont accepté de partager leurs souffrances, leurs espoirs et leur combat au quotidien.

Sophia, une mère de famille de 27 ans, s’apprête à subir une chirurgie bariatrique. Le chirurgien va lui retirer 80% de son estomac, un acte lourd réservé aux personnes souffrant d’obésité dite morbide, c’est-à-dire dont l’indice de masse corporel est supérieur à 40. Après l’opération, son estomac aura la taille d’un pot de yaourt. Il faudra cependant des mois, voire des années, avant qu’elle n’atteigne son poids idéal. Mais pour la jeune femme, c'est déjà une nouvelle vie qui commence. "Je vais devenir une personne lambda, je ne vais plus être catégorisée comme obèse", se réjouit-elle à la veille de l’intervention, devant notre caméra.

Une opération qui a aussi ses effets pervers

Perrine, elle, s'est fait opérer il y a un an et demi et a déjà perdu 41 kilos. Deux grossesses, l’amour de la bonne chère, un travail de nuit et, au fil du temps, les kilos se sont accumulés. Avant l'intervention, elle portait du triple XL et pesait 110 kilos. Le plaisir que lui procurait avant la nourriture en grande quantité, l’infirmière de 42 ans le prend dorénavant en achetant des vêtements, mais en taille L, une victoire pour cette quadragénaire. Mais sa plus grande fierté, dit-elle, est d'avoir retrouvé la santé.

Pour en arriver là, la quadragénaire a dû cependant consentir à quelques sacrifices. Car ce type d'opération a aussi ses effets pervers. Perrine, par exemple, fait ce qu’on appelle des "dumping syndromes", des malaises liés à la petite taille de son estomac, qui bouleverse toute sa digestion. Cela se traduit par des pertes de connaissance. Il y aussi les flatulences, plus fréquentes. "Personne n'en parle, mais il faut le dire !", insiste-t-elle, décomplexée. Aujourd'hui, Perrine ne boit plus une goutte d'alcool, son estomac le digère trop vite du fait de sa petite taille. De potentielles complications dont les patients ont bien conscience.

Environ 30% des patients reprennent les kilos perdus

Pour autant, pas de quoi décourager Olivia, qui espère retrouver un jour sa silhouette d'antan. Cette fleuriste a pris 57 kilos en dix ans. Elle pèse aujourd’hui 135 kilos pour 1m58. Vertèbres écrasées, hypertension, problèmes cardiaques. À seulement 40 ans, son espérance de vie ne dépasse pas les dix ans. La descente aux enfers d’Olivia débute en 2016, lorsqu’elle fait faillite. La jeune femme tombe en dépression, se réfugie dans la nourriture. Cette opération pourrait lui sauver la vie. En attendant des jours meilleurs, elle conserve précieusement dans un placard ses vêtements en taille 42.

Pour Gilbert, retraité de 62 ans, la métamorphose a été spectaculaire. Dix ans plus tôt, il avait cent kilos de plus. À la naissance de son premier enfant, il arrête de fumer et prend 100 kilos en 20 ans. "Je suis passé de 183 à 80 kilos, j’ai perdu un demi Gilbert", s'amuse le sexagénaire. "Ça a été comme une renaissance, une seconde jeunesse avec plus de libertés", confie-t-il, tout sourire. 

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Si pour Sophia, Perrine et Gilbert, l'opération a été un succès, ce n'est pas toujours le cas, souligne le docteur Jean-Louis Bosse, chirurgien viscéral et digestif à l'hôpital privé de La Louvière. "Nous n’avons pas 100% de bons résultats", reconnait le spécialiste. À la clinique de La Louvière, environ 30% des patients reprennent les kilos perdus, car ils n’arrivent pas à s’imposer un régime alimentaire. Si la médecine peut faire des miracles, sans la volonté des patients, rien n'est possible, insiste le médecin.


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