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VIDÉO - Dépistage du cancer : les fourmis renifleuses, une piste prometteuse

V. F | Reportage TF1 : Caroline Bayle, Julien Clouzeau
Publié le 14 mars 2022 à 16h57, mis à jour le 14 mars 2022 à 17h42
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Source : JT 20h WE

Des chercheurs français ont réussi à entrainer des fourmis à la reconnaissance de cellules cancéreuses.
L'insecte pourrait bien devenir un moyen de dépistage précoce de certains cancers.

Dépister tôt certains cancers, avant l’apparition de symptômes, permet de mieux les soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées aux traitements utilisés. Différentes techniques existent déjà, tandis que des expérimentations ont récemment démontré la performance de l'odorat canin pour repérer l'empreinte olfactive de certaines tumeurs cancéreuses, qui émettent des composés organiques volatils, qu'un humain ne peut sentir. Mais Baptiste Piqueret, scientifique au laboratoire d'éthologie expérimentale et comparée de la Sorbonne à Paris, a décidé de jeter son dévolu sur un tout autre animal, un petit insecte doté lui aussi d'un odorat hors pair : la fourmi. Ce chercheur en élève des milliers dans son laboratoire.

Un apprentissage associatif

Avec des scientifiques du CNRS, de l'Institut Curie et de l'Inserm, il a choisi l'espèce la plus commune, Formica fusca, répandue dans l'hémisphère nord et qui n'est pas considérée comme menacée en France. "Ce genre de fourmis a été décrit comme étant doté des capacités cognitives les plus importantes chez les fourmis", explique-t-il dans la vidéo du JT de 20H de TF1 en tête de cet article. 

Pour lui apprendre à reconnaître l'odeur de cellules de patients atteints de cancer, le chercheur va appâter la fourmi avec ce qu'elle adore, du sucre. Et une fois lâchée dans l'arène, "elle va tomber par hasard sur la récompense. Et dessous, on a l'odeur qu'on veut lui faire apprendre. Elle va ensuite très vite associer cette odeur à la récompense", explique-t-il. En renouvelant deux à trois fois l'expérience, ce n'est plus du hasard, la fourmi reconnaît directement l'odeur, même sans la présence de sucre. 

Ces tests ont été réalisés avec des odeurs de cellules humaines saines et de cellules cancéreuses (produites par un cancer de l'ovaire), pour voir si les fourmis arrivaient à les distinguer. Puis, plus finement, avec deux cellules malades (issues de cancers du sein), pour voir si les insectes faisaient la différence entre deux sous-types de cancers.

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Bien sûr, il va falloir poursuivre la recherche. Mais dans quelques années, la fourmi pourrait bien devenir un moyen de dépistage précoce avant de passer une IRM ou une mammographie. "L'application future, ce serait d'utiliser par exemple l'urine des patients qui contient l'odeur des cellules cancéreuses. Avec cette urine, obtenue de façon non invasive, on la ferait sentir à la fourmi", poursuit le scientifique. L'autre avantage de la fourmi, c'est qu'elle apprend très vite. Il lui faut moins d'une heure pour reconnaître une odeur, contre six mois à un an pour les chiens.

Reste à évaluer "l'efficacité de cette méthode grâce à des tests cliniques sur un organisme humain complet", précise le CNRS dans un communiqué. Des expériences préliminaires sont en cours avec de l'urine de souris atteintes de cancers.


V. F | Reportage TF1 : Caroline Bayle, Julien Clouzeau

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