Myopie : pourquoi de plus en plus de Français en souffrent ?

M.G | Reportage TF1 Caroline Bayle
Publié le 28 juin 2022 à 17h58

Source : JT 13h Semaine

Plus d'un tiers des Français sont atteints de myopie, un chiffre en nette augmentation par rapport aux années 1950.
Plus que les facteurs génétiques, c'est surtout l'évolution des modes de vie qui est en cause.

Aujourd’hui, 40% de la population mondiale est myope. Et ce chiffre pourrait monter à 50% d'ici à 2050. En France, le constat n'est pas beaucoup plus reluisant puisque 37% des habitants sont désormais concernés par ce trouble de la vision. C'est beaucoup plus que 70 ans plus tôt, seuls 15% des Français étant myopes en 1950. Jusqu'à présent, la flambée des cas semblait être limitée à l'Asie. Mais la dynamique s'est inversée, comme le soulignait récemment Ramin Tadayoni, chef de service d'ophtalmologie à l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild. "Nous avons un décalage de quinze ans avec l'Asie", affirmait-il auprès de l'AFP.  Mais alors pourquoi une telle explosion en l'espace de quelques années ? 

Un trouble génétique

La première explication de la myopie - trouble de la vision lié à un allongement excessif de l'œil qui entraine une vision floue au-delà d'une certaine distance - est à rechercher dans la génétique. Si un enfant a un parent myope, cela double son risque de l'être lui aussi. Et avec deux parents myopes, ce risque est grosso modo multiplié par six. 

Les modes de vie en question

Pour autant, les scientifiques s'accordent sur le fait que l'environnement joue un rôle crucial dans le développement et l'aggravation de la myopie. Ainsi, l'augmentation du temps passé en intérieur, et plus particulièrement le manque d’exposition à la lumière naturelle, explique en grande partie le boom de ces dernières décennies. Avec un mode de vie citadin, le risque d'être myope est "maximal", selon Gilles Martin, ophtalmologue à l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild : "La meilleure prévention chez l'enfant reste de privilégier les activités en extérieur, de réduire les activités prolongées en vision de près, et de réaliser des dépistages réguliers

De même, la multiplication des activités nécessitant une vision de près - la lecture, les études, les smartphones, les tablettes, l’ordinateur, les consoles de jeux, la télévision - a nettement augmenté les risques de myopie. Ainsi, les enfants entre 3 et 6 ans passent en moyenne 3h29 par jour sur des livres ou des écrans. Un chiffre qui monte à 6h54 pour les 11-13 ans. Les médecins recommandent donc d’adopter les bons réflexes. "Il y a l'exposition régulière à la lumière du jour - le temps des récréations ou des sports par exemple. Il y a aussi le fait de relâcher son regard lorsqu’on est en vision de prêt ; toutes les 20/30 minutes, un peu près deux fois par heure, regarder à travers une fenêtre le ciel", préconise Amandine Barjol, ophtalmologue pédiatrique à l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

Des traitements existent

Plusieurs traitements ou dispositifs médicaux visant à éviter ou ralentir la progression de la myopie ont été mis en place, notamment chez les enfants. Parmi eux, des collyres à base d'atropine, des lentilles de contact nocturnes ou diurnes qui remodèlent la cornée ou encore des lunettes équipées de verres spéciaux. La chirurgie dite "réfractive" peut aussi améliorer le confort visuel en remodelant ou "rabotant" la cornée, sans toutefois éliminer les risques associés à la myopie forte. 

Néanmoins, ces solutions ont encore leur lot d'inconnues en ce qui concerne leur efficacité à long terme. "En France, peu de travaux concernent spécifiquement la myopie, rendant cette maladie parfois moins bien connue et prise en charge que certaines maladies rares", regrettait Ramin Tadayoni auprès de l'AFP.


M.G | Reportage TF1 Caroline Bayle

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