Loi immigration : bientôt une carte de séjour spéciale pour les médecins étrangers ?

TF1 | Reportage Joséphine de Francqueville, Claire Auberger, Bruno Chastagner
Publié le 22 décembre 2022 à 10h10

Source : JT 20h Semaine

Pour lutter contre le manque de soignants en France, le gouvernement a décidé d'en faire venir de l'étranger.
C'est l'une des mesures prévues dans la loi immigration.
Mais cela peut-il contribuer à lutter contre les déserts médicaux ?

Aller chercher des talents à l'étranger et leur attribuer une carte de séjour spéciale profession santé. C'est une disposition du projet de loi immigration pour lutter contre les déserts médicaux. L'idée paraît ingénieuse. Mais de quel besoin parle-t-on ? Un Français sur dix n'a pas de médecin traitant, soit six millions de patients. 

En plus de cela, près de la moitié des généralistes a plus de 60 ans. Le projet de loi faciliterait la venue des médecins, quelle que soit leur spécialité, mais aussi de sage-femmes, de chirurgiens dentistes et de pharmaciens, après examen de leurs connaissances.

Un besoin urgent de plus de 6000 généralistes

Et c'est sur ce dernier point que s'interroge un syndicat. "Il faut être sûr des acquis en question. C'est-à-dire que c'est parfois très compliqué de se renseigner sur leur université d'origine, en fonction du pays, et d'avoir effectivement l'assurance du cursus qu'ils ont fait", déclare Docteur Sophie Bauer, présidente  du Syndicat des médecins libéraux (SML). La France aurait un besoin urgent de 6000 à 8000 médecins généralistes.

Du côté de l'hôpital, que peuvent faire les médecins étrangers. Plus de 22.000 médecins diplômés à l'étranger exercent déjà en France. Pour cela, ils ont dû obtenir d'être reconnus par l'ordre de leur profession. Une démarche qui prend parfois plus de dix ans. Alors combien de temps les médecins étrangers ont-ils vocation à rester ? La carte de séjour "Talent" n'est valable que de un à quatre ans. 

"S'ils ne sont pas inscrits à l'ordre des médecins, ils ne pourront pas exercer à long terme sur le territoire français", explique Francesca Sirna, sociologue, chargée de recherches au CNRS, spécialiste des migrations du personnel de santé. Ils exerceraient dans ce cas avec un statut d'interne, soit avec un contrat court et seraient moins payés que les médecins diplômés en France.


TF1 | Reportage Joséphine de Francqueville, Claire Auberger, Bruno Chastagner

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