Sur TikTok, le mot clé #Ozempic culmine à plus de 500 millions de vues.
Délivré sur ordonnance aux personnes diabétiques, il est présenté comme un produit miracle pour la perte de poids.
Les autorités de santé alertent sur les dangers de son utilisation.

C’est la nouvelle tendance sur le réseau social TikTok : afficher sa perte de poids record, jusqu’à moins quinze kilos en deux mois et toutes n’ont qu’un seul mot à la bouche. Le hashtag Ozempic culmine à plus de 500 millions de vues. Il s’agit d’un médicament délivré sur ordonnance destiné aux personnes diabétiques. À cause de son effet coupe-faim, il est présenté comme un produit miracle pour la perte de poids. 

Manue était en surpoids, mais pas diabétique. "Ça fait une semaine et demie que je prends Ozempic et j’ai perdu sept kilos", a-t-elle posté sur les réseaux sociaux. "Moi, c’est vrai que j’ai longtemps désespéré. La salle de sport, j’ai fait, les régimes alimentaires, j’ai fait, les diététiciennes, j’ai fait… À la fin, je me disais que j’allais faire une opération chirurgicale", témoigne-t-elle, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Tensions d’approvisionnement

Le phénomène est tel que le laboratoire qui produit ce médicament peine à suivre la cadence. Dans la pharmacie de Bruno Maleine, la demande a doublé en deux ans. Aujourd’hui, il ne parvient pas toujours à le délivrer aux patients diabétiques. "On ne parle pas encore de pénurie mais quand même de tension d’approvisionnement", affirme-t-il. 

Il prévient : la prise de ce médicament sans encadrement peut avoir de nombreuses conséquences sur la santé. "Les moins graves, nausées, vomissements, diarrhées, constipation qui peut être une constipation sévère mais aussi pancréatite qui peut entraîner la mort", poursuit le pharmacien. 

L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lance l’alerte et demande aux professionnels de santé d’être vigilants. "C’est important de prévenir le médecin pour qu’il puisse ne pas céder à la pression exercée éventuellement dans son cabinet et le pharmacien qui peut exercer son verrou de prescription en ne délivrant pas un médicament s’il sait que la personne n’est pas diabétique par exemple", explique Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l’ANSM. En un an, en France, au moins 2000 personnes non diabétiques auraient réussi à se procurer ce médicament. 


L.T. | Reportage TF1 : Olga Lévesque, Maurine Alibert, Caroline Bayle

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