La France face à une 3e vague d'ampleur

Près de 6000 patients Covid en réanimation : le pic est-il atteint ?

M.D.
Publié le 28 avril 2021 à 10h03
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Source : JT 20h Semaine

SEUIL CRITIQUE - Ce mardi soir, un peu moins de 6000 malades Covid-19 sont encore en soins critiques. Avons-nous atteint un pic ? Les malades ont-ils les mêmes caractéristiques qu'il y a un an ? Le 20H fait le point.

Transferts de patients, lits saturés, personnel au bout du rouleau : à l’hôpital privé de Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord, le service de soins intensifs est encore sous haute tension. "Dès qu’un patient sort, la chambre est prise le jour même, souffle Emmanuel Callewaert, infirmière au sein du service Covid de l'établissement. "La pression est toujours là et on fatigue", souligne-t-elle. 

La barre des 6000 malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation a été franchie en début de semaine, un niveau autour duquel il évolue depuis 15 jours. D'après les chiffres publiés par Santé publique France, le nombre de lits occupés est repassé ce mardi soir sous ce seuil critique. Les services de soins critiques (qui rassemblent réanimation, soins intensifs et surveillance continue) comptaient à ce jour 5943 personnes dont 484 nouveaux malades admis ces dernières 24 heures.

Avons-nous atteint le pic des réanimations ?

Pour Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie à l’École des hautes études de santé publique(EHESP) de Rennes (Ille-et-Vilaine), le pic a été atteint, mais la baisse risque d'être plus lente que lors des deux précédentes vagues de l'épidémie. "On s’oriente assez clairement vers une baisse du nombre de lits de réanimations utilisés dans le cadre de la Covid. Cette baisse va néanmoins être plus lente que celles nous avions connues lors du premier et du deuxième confinement pour la bonne et simple raison que le variant anglais se propage plus", soutient ce spécialiste.

Le profil des malades a-t-il changé depuis un an ?

Dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital privé de Villeneuve-d'Ascq, les malades présentent le plus souvent des pathologies comme du surpoids, du diabète ou encore de l'hypertension. C'était déjà le cas lors des deux premières vagues. Le principal changement ? L'âge des malades. "Ce sont des patients plus jeunes. À l'époque, on parlait de patients âgés de 70 à 80 ans. Aujourd'hui, la moyenne d'âge est plutôt autour de 50 ans", constate Olivier Makhotine, anesthésiste-réanimateur.

La barre des 6 000 patients en réanimation franchie, une première depuis le mois d’avril 2020Source : TF1 Info
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Les patients sont-ils hospitalisés aussi longtemps ?

Difficile à dire. L'an dernier, les patients passaient en moyenne trois semaines en service de réanimation médicale. Aujourd'hui, la situation varie en fonction des régions et du protolocole utilisé par les soignants. "Le fait qu'on intube plus systématiquement les patients a permis d'abord de raccourcir la durée d'hospitalisation. Aujourd'hui, il faut compter dix jours en moyenne d'hospitalisation versus trois à quatre semaines pour ceux qui sont intubés", indique le Pr Bruno Megarbane, chef de service réanimation à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris. Le taux de mortalité des patients intubés est d'environ un tiers, un niveau comparable à celui de la première vague.


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