Elle n'a plus de médecin depuis 15 ans... et voit son unique candidat recalé : la colère d'une commune de l'Ardèche

par La rédaction de TF1info | Reportage Gaelle Charnay, Julien Chaize, Gwenaël Windrestin
Publié le 20 février 2024 à 17h56

Source : JT 13h Semaine

Le médecin qui devait s'installer à Saint-Étienne-de-Lugdarès, en Ardèche, n'a pas obtenu l'autorisation de l'Ordre des médecins.
Les habitants, dépourvus de praticien dans leur commune depuis quinze ans, ne décolèrent pas.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

"Voilà, nous avions prévu son logement ici... et le docteur avait déjà tout installé, tout prévu", lance Françoise Benoît, maire de Saint-Étienne-de-Lugdarès. L'arrivée du nouveau généraliste Anthony Mukomé, déjà venu rencontrer la population, était même annoncée dans le bulletin municipal de cette commune de l'Ardèche. "Pour nous, c'était le médecin idéal", renchérit l'élue dans le reportage du 13H de TF1 ci-dessus.

Mais la décision du conseil de l'Ordre des médecins est tombée : le docteur Anthony Mukomé ne peut pas s'installer comme généraliste car il n'en a pas le diplôme. Ce praticien, diplômé au Congo, n'a pas le droit d'exercer la médecine générale en France. 

On touchait presque notre rêve d'avoir un médecin sur la commune
Une habitante

Il est pourtant urgentiste à Martigues (Bouches-du-Rhône) depuis sept ans. Le conseil de l'Ordre des médecins de l'Ardèche explique qu'il applique le Code de la santé. "On ne peut s'inscrire au conseil de l'Ordre que dans la spécialité dans laquelle on est qualifié. Or lui, il est qualifié en médecine d'urgence, ce qui n'est pas la même chose", justifie Nathalie Simon-Arlhac, présidente de l'Ordre des médecins de l'Ardèche. 

Plus qu'une déception, il s'agit d'un déchirement pour les habitants de Saint-Etienne-de-Lugdarès, eux qui attendent un praticien depuis quinze ans. "On a du mal à comprendre, j'ai trois enfants en bas âge, je n'ai pas de médecin traitant", se désole une habitante interrogée par TF1. "On touchait presque notre rêve d'avoir un médecin sur la commune, et finalement tout est annulé. On espère ne pas se faire mal, parce que sinon, c'est les urgences" à une heure de route, renchérit une autre. 

Pour compenser, certains se rendent chez le vétérinaire

Afin de se soigner au quotidien, certains habitants sont aujourd'hui contraints de se tourner vers les vétérinaires. "Mon conjoint était malade, il lui a prescrit de la cortisone pour chien. (...) Ça en devient dramatique de se dire 'on va chez le vétérinaire pour se soigner. Mais c'est la seule solution qu'on a trouvée", déplore une résidente. 

En août 2019, un nouveau généraliste s'était installé dans la maison de santé, mais ce Tunisien de 70 ans est décédé un an plus tard. Les habitants doivent donc continuer à se rendre à Langogne, en Lozère, à vingt kilomètres du village, pour trouver le premier généraliste. Le docteur Anthony Mukomé et la commune comptent encore défendre leur cause dans quelques semaines auprès de l'Ordre des médecins. 


La rédaction de TF1info | Reportage Gaelle Charnay, Julien Chaize, Gwenaël Windrestin

Tout
TF1 Info