Les tarifs des mutuelles de santé ont encore beaucoup augmenté, avec une hausse de 8% en moyenne cette année par rapport à 2023.
Dans l'est de la France, le régime local d'Assurance Maladie de l'Alsace-Moselle est cité en exemple pour limiter les frais des assurés en la matière.
Comment fonctionne-t-il ?

C'est une nouvelle hausse qui fait mal au portefeuille de nombreux assurés. En moyenne, les tarifs des mutuelles de santé ont encore augmenté de 8% cette année par rapport à 2023, soit +23% depuis cinq ans. Une dépense parfois difficile à supporter pour de nombreux Français. "C'est une addition qui s'ajoute à d'autres augmentations, confirme Roger Perret, un retraité interrogé dans la vidéo du 20H de TF1 à retrouver ci-dessus. Or, nos pensions n'ont pas augmenté avec le même pourcentage que celui des mutuelles."

En Alsace-Moselle, une cotisation à 1,3% pour tout le monde

Pour éviter de payer chaque année un peu plus cher, un modèle, sur lequel se penche une partie du reportage de TF1, est cité en exemple : celui d'Alsace-Moselle, dans l'est de la France. Ici, le régime local, géré par la Sécurité sociale, joue le rôle de complémentaire. "Typiquement, les consultations chez les médecins ne sont pas remboursées à 70%, mais à 90%, puisque le régime local s'ajoute au régime général", explique ainsi Anne-Cécile Freiss, directrice adjointe du régime local d'Assurance Maladie d'Alsace-Moselle. Dans ces territoires, tout le monde cotise à hauteur de 1,3% de ses revenus.

Cette contribution est nécessaire pour trouver des moyens afin de financer des remboursements plus importants. "On n'a pas de frais financiers ni de frais commerciaux ou de publicité, au contraire de ce qu'on peut retrouver dans d'autres organismes", indique par ailleurs Patrick Heidmann, le président du régime local d'Assurance-maladie d'Alsace-Moselle. Outre les frais de soins pris en charge à 90%, les frais d'hospitalisation, eux, sont remboursés à 100%.  Ce modèle, qui date des multiples changements de souveraineté de la zone au fil des siècles, compte près d'un 1,6 million de cotisants pour 2 millions de bénéficiaires.

Une solution à l'échelle nationale ?

Ces spécificités valent à l'Alsace-Moselle de constituer une zone plus avantageuse en matière de santé grâce au droit local. Un conseil d'administration, constitué avant tout de représentants de salariés, statue régulièrement sur le taux de cotisation à appliquer dans le cadre de ce régime. Ce modèle pourrait-il s'appliquer partout ailleurs dans le pays ? "Souvent, l'extension du régime local à l'ensemble de la France est discutée, mais l'administration y perdrait en pouvoir et ne l'acceptera sûrement pas, car ce n'est pas elle, mais les salariés qui décident du montant de leurs cotisations", précisait dans Slate en mars dernier Francis Kessler, maître de conférences en droit privé à la Sorbonne

Ces dernières années, au niveau national, l'Assurance Maladie rembourse moins bien certains soins. Depuis octobre, elle prend désormais en charge 60% d'une consultation chez le dentiste, contre 70% auparavant. Les mutuelles doivent donc compléter la somme en ajoutant le manque à gagner et utilisent cet argument pour justifier la hausse de leurs tarifs.


T.A. | Reportage TF1 : Johan MAVIERT, Louise LE BRAS et Cléa JOUANNEAU

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