Le mouvement de grève dans les pharmacies s'annonce très suivi ce jeudi, avec neuf établissements sur dix fermés.
Quelles sont les raisons du malaise ?
TF1 a interrogé la pharmacienne d'une petite commune de Corrèze.

À la veille de la grève des pharmacies ce jeudi 30 mai, le JT de TF1 s'est rendu dans une officine où la pharmacienne a de moins en moins de revenus pour maintenir son activité. Elle ne perçoit que 50 centimes par ordonnance et un euro par boîte de médicament vendue. Pour aider les pharmaciens, notamment les plus en difficulté, l'État compte augmenter de 2% leurs honoraires sur les trois prochaines années. Mais c'est insuffisant pour faire face à la hausse des charges.

"Nos charges ont augmenté, tout comme le prix de l'électricité, les salaires ont augmenté de 9%... Donc comme le prix est fixé par l'État, nos marges diminuent", résume Mélissa Petit, qui exerce à Cornil (Corrèze).

Une profession qui s'éloigne de son corps de métier

Dans cette petite officine de village où la parapharmacie ne représente que 10% du chiffre d'affaires, tout repose sur la vente de médicaments. Mais les pénuries sont devenues récurrentes, et les pharmaciens n'ont plus l'impression de faire leur travail. "Mon corps de métier, c'est de dispenser les ordonnances, de faire de la prévention. Aujourd'hui, je passe presque plus de temps à appeler les laboratoires et à chercher des molécules équivalentes", poursuit Mélissa Petit. Et d'ajouter : "Ne pas répondre à la demande du patient, ça devient exaspérant."

Autre crainte de la profession : la concurrence sur Internet avec la vente de médicaments. Un contexte difficile qui menace surtout les pharmacies de campagne. "Ce qui est en jeu, c'est de garder des pharmacies dans les 5000 communes françaises où elles sont toutes seules. Vous avez toujours dans les villages où dans le village à proximité une pharmacie", explique Philippe Besset, président de la FSPF (Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France), le syndicat majoritaire des pharmaciens d'officine. 

Ces petites officines ont toujours plus de mal à se vendre. Exemple à Lavaveix-les-Mines, un village de la Creuse où nos journalistes se sont rendus : malgré la présence d'une maison de santé, voilà presque trois ans que son gérant, Francis Faure, cherche un successeur. "Il y a quarante ans, tout le monde se battait pour avoir une pharmacie comme ça et je ne comprends plus, parce qu'on a un cadre de vie agréable. Un jeune pharmacien doit s'installer à la campagne, pas ailleurs", estime-t-il.

Si presque toutes les officines ont prévu de fermer ce jeudi 30 mai, une pharmacie par secteur de garde sera tout de même réquisitionnée pour assurer les urgences.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : C. Parédés, B. Gorchi

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