"Malhonnête" : la réponse des médecins grévistes au tacle d’Elisabeth Borne

TF1 | Reportage Linda Hure, Emmanuelle Binet, Frédéric Miara
Publié le 3 janvier 2023 à 15h34, mis à jour le 3 janvier 2023 à 15h56

Source : JT 13h Semaine

La grève des médecins libéraux "n'est vraiment pas responsable", a accusé ce mardi Elisabeth Borne.
Comment réagissent les principaux concernés ?
TF1 a pris leur pouls à Marseille.

Saïd Ouichou, médecin généraliste, est gréviste. Et même s’il accueille quand même ses patients dans son cabinet marseillais, il est totalement solidaire avec ses confrères qui ont fermé le leur pendant les fêtes et cette semaine. Alors forcément, les déclarations d’Élisabeth Borne, qui a considéré ce mardi matin sur Franceinfo qu'il n'était "vraiment pas responsable" que ces professionnels fassent grève, "notamment dans cette période de fêtes, où ça a augmenté les tensions sur l'hôpital", ont du mal à passer auprès de lui. "Je trouve que c’est malhonnête, et c’est une façon de nous faire taire, de faire porter la gravité de la santé et sa dégradation sur les soignants", lance-t-il face aux caméras de TF1 dans le reportage ci-dessus. 

Les propos d'Elisabeth Borne suscitent la même incompréhension chez les patients du médecin, qui en voit une quarantaine par jour en ce moment. "Le docteur Ouichou est responsable : je n'ai jamais vu un médecin travailler autant, une personne aussi dévouée pour ses patients", assure un homme venu se faire soigner. La Première ministre "n'a pas le  droit de dire ça à des médecins, moi, je suis d'accord pour qu'ils fassent grève s'il le faut", renchérit une patiente.

Un peu plus loin, autre illustration du malaise des professionnels de santé. Les urgences de l’Hôpital Saint-Joseph de Marseille doivent faire face à une multiplication d’arrêts maladie : lundi, six infirmiers sur sept étaient malades dans le service. L’accueil est régulé. Ici, les urgences ont connu un pic d’activité depuis le début de la grève des généralistes. Mais pour un syndicaliste interrogé par TF1, il ne faut pas opposer les soignants entre eux. "Les soignants ont besoin d'être écoutés, on ne les écoute pas. Ils n'ont pas l'impression d'être entendus dans les difficultés du quotidien, de leurs conditions de travail", souligne Jean-Marie Inzerillon, de la CFE-CGC. 

Les généralistes, qui demandent une revalorisation du tarif de la consultation, seront dans la rue pour manifester le 5 janvier. 


TF1 | Reportage Linda Hure, Emmanuelle Binet, Frédéric Miara

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