Sanctions, blocage de patients, rappels : comment lutter contre le fléau des rendez-vous médicaux non honorés ?

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Joséphine de Francqueville, Séverine Fortin
Publié le 31 janvier 2023 à 13h28

Source : JT 20h Semaine

En 2022, 27 millions de rendez-vous médicaux n'ont pas été honorés par les patients en France.
Des consultations qui n'ont pas été annulées au préalable et qui représente, en moyenne, deux heures de perdues chaque semaine pour les professionnels de santé.
Pour tenter de limiter le phénomène, plusieurs solutions sont envisagées.

Ce sont des "lapins" qui agacent au plus haut point les professionnels de santé. Chaque année en France, près de 27 millions de rendez-vous médicaux ne seraient pas honorés, selon les représentants des médecins qui appellent à prendre des mesures contre ces patients qui n'annulent pas en cas d'empêchement.

Un constat partagé au plus haut sommet de l'État. "Trop de temps médical est gaspillé par un excès d'imprévoyance, de la désinvolture, avec en particulier des rendez-vous non honorés", avait estimé le président Emmanuel Macron lors de ses vœux au monde de la santé, le 6 janvier. L'Ordre des médecins et l'Académie de médecine ont fait monter la pression cette semaine, dans un rare communiqué commun, en exprimant leur "vive préoccupation face aux graves conséquences soulevées" par ce sujet.

Faire payer les rendez-vous non honorés

Selon plusieurs enquêtes, "6 à 10% des patients ne se présentent pas à leur rendez-vous, ce qui correspond à une perte de temps de consultation de près de 2 heures hebdomadaires pour le médecin quelle qu'en soit la discipline et, par extrapolation, près de 27 millions de rendez-vous non honorés par an", soulignent les deux instances. Avec à la clé de "sérieuses répercussions" : accès aux soins entravé pour les "patients en ayant réellement besoin", nombre accru de personnes se présentant dans des services d'urgences hospitaliers déjà débordés… Les oublis et contre-temps de dernière minute sont loin de tout expliquer, estiment l'ordre et l'académie, pour qui "la fréquence des rendez-vous pris en double" témoigne d'une "déconsidération pour l'acte médical", transformé en "bien de consommation".

Face à la situation, le syndicat de médecins libéraux UFML milite depuis des années "pour un droit à facturation des consultations non honorées", titre d'une pétition en ligne qui a réuni près de 10.000 signatures sous une photo de lapins. Pour cela, il faudrait modifier le code de la santé publique, qui dispose aujourd'hui que les honoraires ne peuvent être réclamés "qu'à l'occasion d'actes réellement effectués". Mais certains ont déjà mis en place ce système pour l'instant illégal. C'est le cas d'un kiné rencontré dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Chez lui, tout rendez-vous non décommandé 24 heures à l'avance est facturé.

De son côté, MG France, premier syndicat de généralistes, appelle les plateformes de prise de rendez-vous à "un peu plus de souplesse". Actuellement sur Doctolib, poids lourd du secteur, l'annulation d'un créneau n'est plus possible quatre heures avant celui-ci. "Si les gens pouvaient annuler jusqu'à une heure avant, nous pourrions appeler d'autres patients pour combler les trous", relève cette généraliste dans l'Allier.

Un casse-tête pour la plateforme, qui évoque auprès de l'AFP des demandes contradictoires des médecins, les généralistes étant plus souvent sollicités que les spécialistes pour des consultations de dernière minute. Doctolib teste cependant un délai d'annulation plus court auprès de 5000 médecins généralistes et pédiatres. La plateforme fait aussi valoir que "plusieurs fonctionnalités" permettent déjà de limiter les rendez-vous non honorés : rappels, messages de sensibilisation, blocage d'un patient récidiviste par le professionnel de santé ou encore listes d'attente pour combler les créneaux vides.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Joséphine de Francqueville, Séverine Fortin

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