Un Français sur trois est sensible aux pollens et autres allergènes.
Un chiffre qui va inéluctablement progresser au cours des années à venir avec le réchauffement climatique.
On vous explique.

À vos mouchoirs : ce mardi 2 mai est célébrée la journée mondiale contre l'asthme et les allergies. Le risque d'allergies au pollen touche désormais tout l'Hexagone, selon le Réseau national de surveillance aérobiologique. De plus en plus de Français sont concernés, avec une personne sur trois sensible aux pollens et autres allergènes. En l'espace de 60 ans, ce chiffre a été multiplié par dix, ainsi que le nombre de personnes asthmatiques.

Des maladies de plus en plus fréquentes, qui poussent les Français a consulté des allergologues, souvent débordés. Dans le cabinet du Dr Séverine Fernandez, où se rend une équipe de TF1 dans le reportage en tête de cet article, les patients se bousculent. Chaque jour, elle répète le même test, pour détecter les allergies des patients. "On dépose une boule d'allergène, qu'on fait pénétrer de manière très superficielle, en appuyant avec une lancette", explique l'allergologue, également vice-présidente du Syfal, le Syndicat français des allergologues.

"Actuellement, les délais dans mon cabinet, c'est plutôt octobre 2023. J'essaye toujours de réserver des créneaux d'urgence que j'ouvre à la dernière minute, qui se remplissent quasi instantanément, pour permettre de recevoir le maximum de patients", détaille-t-elle.

Dans les rues de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, nombreux ceux les patients qui témoignent de problèmes respiratoires, liés à des allergies. À tel point que, pour traiter les symptômes bénins, les professionnels doivent s'adapter. Les pharmaciens ont dû augmenter leurs rayons dédiés aux allergies. "Avant, on n'en vendait pas comme ça, c'était le médecin qui en prescrivait tous les mois. Maintenant, on en a, on conseille", témoigne Laurence Delset, pharmacienne à La Ciotat.

Des saisons allergiques plus longues et intenses

Et le phénomène devrait encore s'aggraver dans les prochaines années, car il est favorisé par un coupable bien connu, le réchauffement climatique, qui modifie le comportement des végétaux. "Le pollen contient des substances de défense, qui sont des substances allergisantes", explique à TF1 le Pr Isabella Annesi-Maesano, codirectrice de l'Institut Desbrest d'épidémiologie et de santé publique de Montpellier Inserm. 

En effet, en période de sécheresse, face au manque d'eau, les plantes rejettent des pollens plus agressifs. Des études ont d'ailleurs montré le même phénomène avec l'augmentation du CO2. Selon une note publiée le 24 février par le ministère de la Transition écologique, le changement climatique devrait ainsi amener des saisons allergiques plus intenses, mais aussi plus longues. 

"En 30 ans, on a déjà observé que les quantités de pollens de bouleau avaient augmenté de plus de 20%", indiquait l'été dernier à l'AFP Samuel Monnier, porte-parole du RNSA. "Le réchauffement climatique va entraîner des saisons polliniques plus longues, alors que la pollution rendra les pollens plus agressifs", avait de son côté alerté Isabelle Bossé, présidente du syndicat des allergologues.

La pollution est également un facteur aggravant, en attaquant nos voies respiratoires. Selon l'OMS, en 2050, un Français sur deux pourrait être atteint d'asthme et d'allergie.


F.R | Reportage TF1 E. Binet, H. P. Amar, C. Bayle

Tout
TF1 Info