Ils permettent de sauver de nombreuses vies, mais un audit révèle qu'un défibrillateur cardiaque sur trois serait défectueux.
Des dysfonctionnements qui auraient pu coûter la vie à Yves Gilles, rencontré par une équipe de TF1.

Ces petites boîtes vertes font presque partie du décor. Dans la rue, comme dans les lieux publics ou privés, l'un des 500.000 défibrillateurs en service pourrait un jour vous sauver la vie en cas d’accident. Problème : un tiers de ces appareeils ne marche pas, selon un alarmant constat dressé par l'entreprise Matecir Defibril. D'après elle, près d’un tiers des 500.000 défibrillateurs cardiaques installés dans l’espace public sont hors service. En outre, selon l’audit mené par cette société de maintenance, 60% des appareils présentent "une anomalie pouvant entraîner un dysfonctionnement". 

Les proches d'Yves Gilles, maire (SE) de Brimeux (Pas-de-Calais), s'en sont rendu compte lorsque cet homme a été victime d’un arrêt cardiaque, l’an dernier. "Quand ils l’ont allumé, le message dessus disait ‘défaut batterie’, développe l'intéressé face à la caméra du 20H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article. Là, tout le monde s’est regardé, en trouvant incroyable qu’il ne fonctionne pas. Puis deux personnes sont parties en trombe pour en chercher un autre. C’est lui qui m’aura sauvé quelques minutes plus tard." Finalement, un quart d'heure s'écoule avant la deuxième intervention, qui sauve Yves Gilles miraculeusement. 

Comment un tel dysfonctionnement aurait-il pu être anticipé ? Sur la plupart des défibrillateurs en panne, une lumière rouge est censée clignoter. Mais qui doit s’assurer du bon état de marche de ces dispositifs ? "L'exploitant, quand il exploite ces appareils, il a l'obligation de les maintenir [en état de marche]. Soit l'entreprise le maintient elle-même en interne, avec toutes les contraintes, dont être formé à la maintenance des dispositifs médicaux, ou alors elle externalise vers une société spécialisée", soutient Nicolas D'Agostino, directeur général de Matecir Defibril.

Les premières pièces à contrôler sont les piles, les batteries, puis les électrodes. En état de marche, ce matériel a démontré son utilité : 8% des victimes d’arrêt cardiaque sont sauvées aujourd’hui, contre 2% avant l’installation des défibrillateurs, il y a quinze ans.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : E. Coussemacq, M. Fiat, J. Garrel

Tout
TF1 Info