VIDÉO - Enfants contaminés par la bactérie E.Coli : comment sont contrôlés les fromages ?

par V. F | Reportage TF1 : Irvin Blonz et Grégory Martin
Publié le 13 février 2024 à 8h30

Source : JT 20h Semaine

Après la contamination de deux fillettes par la bactérie E.Coli, des questions se posent sur les normes de fabrication des fromages.
La filière morbier s'inquiète de voir les ventes s'effondrer et rappelle que la sécurité du client est primordiale.
Mais les normes d'hygiène sont-elles suffisantes ?

Depuis décembre, plusieurs appellations morbier, contaminées à la bactérie Escherichia coli (E. coli) sont dans le viseur des autorités sanitaires. Deux enfants sont hospitalisés. L'usine du Jura Monts & Terroirs fait partie des fromageries mises en cause. Elle n'en produit plus. La direction n'a pas souhaité répondre aux questions du JT de TF1, mais elle a fait parvenir un communiqué. "Nous sommes en contact permanent avec les autorités pour les aider dans leurs investigations et avons lancé notre propre enquête interne", peut-on lire. 

Un passeport "lait cru"

Ce scandale sanitaire est un coup dur pour les 2000 producteurs de l'AOP morbier. "On n'est jamais serein, c'est toujours compliqué. Rappelons aussi qu'on travaille avec du vivant, et c'est pas toujours simple. Le risque zéro n'existe pas", souligne Joël Alpy, producteur de lait, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Pourtant, depuis 2018, la filière a renforcé sa surveillance. Chaque producteur suit ce qu'on appelle un passeport "lait cru". Ce sont 18 mesures qui commencent dès la traite. 

"On utilise une lavette pour chaque vache. L'éleveur tire les premiers jets pour repérer si la qualité du lait est bonne", détaille Christophe Bresteau, chargé des contrôles à l'Union Régionale des Fromages d'Appellation d'origine Comtois (URFAC). Car le plus grand risque est là : la déjection des vaches est la première source de contamination. "Ce qu'on veut, c'est qu'il n'y ait pas de bouse qui arrive dans le lait, mais si on assure une propreté et une hygiène propres du trayon à la base, on n'a aucun risque d'Escherichia coli", poursuit-il. Le lait est ensuite analysé dès son arrivée en fromagerie.

Le morbier va subir en tout une dizaine de prélèvements pour contrôle, même pendant l'affinage. Et si le fromage est contaminé, "il n'y a pas de solution de secours, c'est forcément incinération pour les fromages. C'est de la perte, mais on ne peut pas jouer avec ce risque-là", explique Florian Rousselet, maître fromager de la Coopérative fromagère "Fruitière du Mont Rivel". La filière veut aller plus loin pour garder la confiance des consommateurs. Chaque atelier de fabrication de morbiers sera donc inspecté ces prochaines semaines.


V. F | Reportage TF1 : Irvin Blonz et Grégory Martin

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