VIDÉO - Un milliard d'humains obèses : pourquoi les Français s’en sortent (un peu) mieux que les autres

par Virginie FAUROUX | Reportage : Diane Mourgues et Delphine Sitbon
Publié le 2 mars 2024 à 12h55, mis à jour le 2 mars 2024 à 19h48

Source : JT 20h WE

L'obésité touche désormais plus d'un milliard de personnes dans le monde.
Les pays ne sont pas tous égaux face à ce fléau, et la France s'en sort légèrement mieux que les autres.
Le 20H de TF1 s'est demandé pourquoi les Français pèsent un peu moins lourd sur la balance.

Le chiffre a de quoi inquiéter : on compte aujourd'hui dans le monde un milliard de personnes obèses, enfants et adolescents compris, révèle une vaste étude de l'OMS, publiée dans la revue médicale britannique The Lancet à la veille de la Journée mondiale de lutte contre l'obésité du 4 mars. 

Cette "épidémie" a progressé "plus rapidement qu'anticipé", a noté le Pr Francesco Branca, directeur du département "Nutrition pour la santé et le développement", lors d'une conférence de presse. En effet, le franchissement du seuil du milliard de personnes concernées était initialement envisagé vers 2030.

Augmenter l'activité physique des Français

En se basant sur les données d'environ 220 millions de personnes dans plus de 190 pays, ces travaux suggèrent que quasiment 880 millions d'adultes vivaient en situation d'obésité en 2022 (504 millions de femmes et 374 millions d'hommes). En 1990, ils n'étaient que 195 millions. Depuis 1990, le taux d'obésité a pratiquement triplé chez les hommes (de 4,8% en 1990 à 14% en 2022) et plus que doublé chez les femmes (de 8,8% à 18,5%), avec des disparités selon les pays. 

Et la France fait presque figure de bon élève puisque sur cent hommes français adultes, environ seize sont sont touchés par l’obésité. En Pologne, c'est trente hommes sur cent, et aux États-Unis, plus de quarante. Cette "bonne performance" ne s’arrête pas là. Sur les 30 dernières années, l’obésité chez les hommes se serait stabilisée, chez les femmes, elle serait même en baisse de 2%. 

Moins de sel dans le pain

L'intérêt des Français pour la gastronomie participerait paradoxalement à lutter contre l'obésité. Comme on peut le voir dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article, de plus en plus de jeunes veulent ainsi apprendre à manger sainement en participant par exemple à des cours de cuisine. On note une hausse de 25% d'inscrits depuis deux ans. "C'est un plaisir et c'est important pour sa santé. C'est aussi le plaisir de pouvoir utiliser des produits frais", souligne une jeune fille. 

C'est aussi le résultat d’années de politiques publiques, visibles notamment dans les spots télévisés depuis 2007. Mais pas seulement. "Un exemple parlant, c'est celui du pain. Il y a une recommandation de l'OMS pour dire que la population mondiale consommait trop de sel avec une incidence sur la santé. Le ministère de la Santé a fait baisser sa teneur en sel dans le pain et donc les boulangers ont suivi. La population française a suivi également. Et le goût est le même", sourit Faïza Bossy, médecin généraliste et nutritionniste. 

Autre explication, dans les cantines, les enfants mangent de mieux en mieux. Depuis 2011, plusieurs lois sont venues réglementer le contenu de leurs assiettes. "On nous impose un certain nombre de produits à limiter, comme les produits gras et les produits sucrés. On nous impose également la qualité de certains produits", résume Pauline Epin, responsable de la restauration collective à Vélizy (Yvelines). Par exemple des aliments bio, AOP ou issus de la pêche durable. Pour réduire l'obésité, il faudra toutefois aller plus loin et augmenter l'activité physique des Français, toujours insuffisante selon les autorités sanitaires. 


Virginie FAUROUX | Reportage : Diane Mourgues et Delphine Sitbon

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