Covid-19 : le défi de la vaccination

Vaccin : ces chanceux qui se font injecter une dose de dernière minute

A.P
Publié le 26 mars 2021 à 11h41
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

GLANEURS DE SÉRUM - Des patients non-prioritaires peuvent se faire vacciner légalement en profitant des annulations de rendez-vous. Les autorités permettent cette pratique pour éviter de gâcher les doses.

Parfois, un appel de dernière minute change la donne. À l'autre bout du fil, il pourrait y avoir votre pharmacien ou votre généraliste encombré avec une dose de vaccin en trop. Actuellement, la priorité est accordée aux plus de 75 ans ou aux plus de 50 ans avec une comorbidité. Mais il est possible de se faire immuniser le plus légalement du monde sans appartenir à l’une de ses catégories. Comment ? En profitant des rendez-vous de dernière minute. 

Depuis plusieurs jours, l’exécutif souhaite accélérer la cadence dans sa campagne d’immunisation de la population. Pour l’instant, 7.168.43.7 personnes ont reçu une première dose et 2.610 990 se sont vus injecter la deuxième. Alors il ne faut gâcher aucune goutte du précieux sérum. Et ça tombe bien, car les volontaires ne manquent pas. À l’instar de Pierre, un enseignant de 59 ans. Si l’homme est pourtant en pleine santé, ce patient a pu recevoir sa première dose contre le Covid-19. Il raconte son "hold-up" : "On m’a appelé pour me dire que des doses étaient disponibles avec un créneau possible. Entre 21 heures hier et 13 heures aujourd’hui, l’affaire était faite", raconte le sexagénaire, torse nu, en train de recevoir l’injection. Tout sourire.

Je ne gâcherai aucune dose

Dr Tura Milo, médecin généraliste

Si les patients sont heureux de pouvoir bénéficier des fonds de fioles – à noter que l’on peut désormais extraire sept doses du flacon de Pfizer et dix du vaccin Moderna – le soulagement est similaire du côté du personnel de santé. En effet, la logistique nécessite d'être bien rôdée à cause des conditions très strictes de conservation– six heures après ouverture pour le Pfizer, quarante-huit heures pour l’AstraZeneca. Alors que l’objectif du gouvernement est de vacciner  "10 millions de personnes" d’ici mi-avril, ce n’est pas le moment de gâcher. 

Afin de remplir tous ces créneaux, Dr Tura Milo, médecin généraliste a décidé d’élargir ses critères. Sur douze doses reçues cette semaine, cinq seront injectées à des patients considérés comme non éligible. Son mot d’ordre : "Je ne gâcherai aucune dose, ça c’est un défi personnel que je me suis donnée", explique-t-elle avant d’ajouter "J’appellerai n’importe quel patient pour avoir une dose s’il m’en reste". En février, les injections en surplus étaient principalement destinées aux jeunes professionnels de santé.

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Dans une officine à Paris – à la moindre annulation – le pharmacien Philippe Bellaiche appelle des patients du quartier dès lors qu’il reste quelques doses non injectées. Devant les caméras de TF1,  il s'entretient au téléphone avec l’un de ses clients. Il vient de lui annoncer la bonne nouvelle : "Une place s’est libérée. C’est à vous que j’ai proposé de vous faire vacciner." Les volontaires ne manquent pas puisque 150 personnes de tout âge sont inscrites sur la liste d’attentes.  "Pour moi, ils étaient prioritaires. J’ai fait des heureux, ils étaient très contents", soutient Philippe Bellaiche. 

Un comportement vivement encouragé par le gouvernement. De son côté, la direction générale de la santé incite les établissements à constituer ce type de listes en cas d’absence d’un patient à un rendez-vous. Si les pharmaciens ou les généralistes jouissent d’un lien de proximité avec leurs patients, les centres de vaccination aussi peuvent contacter les futurs chanceux qui bénéficieront de la dernière goutte. Et ce n’est pas rare. "Deux personnes ne sont pas venues à 16h, donc on a appelé deux autres personnes", explique Catherine Rigal, responsable du centre de vaccination à Issy-les-Moulineaux. Un arrangement gagnant-gagnant. 


A.P

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