Vrai ou faux : boire de l'alcool protège-t-il du froid ?

par Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO
Publié le 1 décembre 2023 à 21h00

Source : JT 20h Semaine

Boire de l’alcool en hiver serait une bonne astuce pour lutter contre la baisse des températures selon certaines croyances populaires.
Dans les pays les plus froids du globe, cette pratique est plutôt répandue pour augmenter la sensation de chaleur.
Si le froid et l’alcool vont souvent de pair, plus le mercure descend, ce faux ami ne repose pourtant sur aucun fondement.

Sur Internet, de nombreux sites proposent des recettes de boissons alcoolisées et autres cocktails parfaits pour lutter contre les températures glaciales de l’hiver. Parmi eux, le vin chaud, l’Irish coffee, le cidre, l'eau-de-vie de génépi ou encore le rhum chaud au beurre soulageraient même certains symptômes comme le rhume, dit-on. Pourtant, c’est un faux ami : s’il est vrai que boire un verre d’alcool donne l’impression de ressentir un rapide coup de chaud, ce n’est qu’une illusion. Pourtant, dans de nombreuses zones géographiques du globe, on s’enivre d’alcool fort comme solution naturelle pour se réchauffer. 

Alcool en hiver : une sensation de chaleur passagère

En 2018, des hépatologistes américains (spécialistes de l’étude du foie) de l’Université de Pittsburg se sont penchés sur la question. Lorsque l’on boit un verre d’alcool, le débit sanguin augmente, ce qui donne cette sensation de chaleur, suggèrent les chercheurs dans un rapport disponible sur le site de l’établissement. Mais l’alcool étant un vasodilatateur, c'est-à-dire qu’il dilate les vaisseaux sanguins, cet effet s’estompe après quelques minutes. Résultat, vous aurez probablement l’impression d’avoir subitement plus froid. Ce "coup de chaleur" n’est donc qu’éphémère, et l’alcool ne peut constituer une stratégie efficace pour éviter de grelotter. En fait, la température corporelle reste la même avant ou après un verre d’alcool.  

Plus il fait froid, plus la consommation d’alcool augmente

D’après cette étude toujours, certaines zones géographiques du globe sont "climatiquement" plus à risque, rappelant que la consommation d’alcool engendre davantage de cirrhoses et troubles dépressifs à mesure que la lumière du soleil se fait plus rare et que les températures chutent. Par ailleurs, un comportement abusif face à l’alcool est également observé dans certaines régions climatiques extrêmes comme un moyen de lutter contre l’ennui et l’isolement. 

D’après ces travaux, 5 % des décès dans le monde sont causés par l’abus l’alcool, avec un nombre de morts par cirrhose en augmentation, en particulier chez les 25 à 34 ans. Pour rappel, une consommation excessive d’alcool provoque d’importants dommages sur l’organisme, dont des cancers, des troubles cardiovasculaires ou encore des complications neurologiques. Chaque année en France, cet enjeu majeur de santé publique est à l'origine de 49 000 décès, rappelle le ministère de la Santé.


Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO

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