Dans les prochains jours, des aurores boréales pourraient être à nouveau visibles en France.
Ce spectacle, déjà vu au cours du mois écoulé, est dû à des éruptions solaires, détectables grâce à des "taches"sur la surface de l'astre.
Ces flux de particules intenses mettent 1 à 4 jours pour atteindre la terre.

Elles ont coloré le ciel à plusieurs au cours du mois écoulé. De nouvelles aurores boréales pourraient être à nouveau observables en France dans les prochains jours, selon des experts de l'Agence spatiale européenne, après celles qui ont été observées les 11 et 12 mai, conséquences du plus puissant orage géomagnétique depuis les "orages d'Halloween", en octobre 2003. 

Les orages géomagnétiques surviennent quand des flux de particules chargées électriquement sont expulsés depuis la surface du Soleil vers le champ magnétique terrestre. Ces flux de particules sont particulièrement intenses lors des éjections de masse coronale, des éruptions très fortes survenant à proximité des taches solaires. 

C'est justement l'étude de ces taches qui permet d'anticiper ces éruptions causant indirectement sur Terre de telles aurores boréales. 

Des taches surveillées depuis les satellites

Comment font les scientifiques pour anticiper un tel événement ? "Cette tâche (à l'origine des aurores boréales des 11 et 12 mai, NDLR), on peut l'observer dans différentes longueurs d'ondes, et plus particulièrement, on regarde son magnétisme", détaille l'astrophysicien Tahar Amari, directeur de recherche au CNRS, auprès de TF1info. "Pour mesurer le magnétisme, on fait appel à des magnétographes, installés à bord des satellites, comme SDO, le Solar Dynamic Observatory ou Solar Orbiter. Ils mesurent le champ magnétique à la surface du Soleil. On observe de cette façon, presque en temps réel, une carte du champ magnétique de ces tâches."

Avec la rotation du Soleil, cette tâche se trouve actuellement près de la tranche de l'astre, déviant donc les flux de particules d'éventuelles éruptions. Mais d'ici environ deux semaines, elle se retrouvera à nouveau face à la Terre. 

Entre "1 à 4 jours pour rejoindre la terre"

Cependant, entre les observations des éruptions solaires et le moment où l'on peut voir apercevoir les aurores boréales, il y a un temps de latence. "Il y a un délai de plusieurs jours" explique Tahar Amari, dû à la vitesse d'un "nuage magnétique, qui s'appelle une éjection de masse coronale. Il lui faut 1 à 4 jours pour rejoindre la Terre et notamment entraîner des effets comme les aurores boréales. Ce n'est pas comme les rayonnements, qui nous atteignent en quelques minutes". 

Le Soleil connaît un tel pic d'activité tous les onze ans. Les risques d'un nouvel orage géomagnétique sont donc au plus haut "entre maintenant et la fin de l'année prochaine", selon le Centre américain de prévision de météo de l'espace. Il est donc probable que de nouvelles aurores boréales puissent être observées. 

Il reste en revanche plus difficile de prévoir la sévérité de ces éruptions. Plusieurs missions spatiales sont en préparation pour améliorer la météorologie solaire et permettre ainsi aux autorités, sur Terre, d'anticiper mieux l'ampleur de ces événements qui peuvent, au-delà de leur beauté, avoir des conséquences réelles sur le fonctionnement des satellites et des réseaux électriques terrestres. 


Axel JUIN

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