Des chercheurs ont mis au point un préservatif moléculaire : une révolution pour la contraception ?

par Matthieu DELACHARLERY
Publié le 21 mai 2017 à 17h28
Des chercheurs ont mis au point un préservatif moléculaire : une révolution pour la contraception ?

SCIENCE - Des chercheurs de Berkeley ont découvert que deux substances naturelles pourraient agir comme "interrupteur" pour empêcher la fécondation, même si les spermatozoïdes atteignent l’ovule. D'importants travaux doivent encore être accomplis pour que ce système arrive en pharmacie.

La plus grande révolution depuis la pilule ? Près de soixante ans après la mise au point par l e Dr Gregory Pincus de la première pilule orale pour les femmes, des chercheurs de l'Université de Berkeley en Californie (Etats-Unis) viennent de découvrir un nouveau procédé de contraception qu'ils annoncent "100% efficace", qui aurait l’avantage d’être utilisé aussi bien par les hommes que par les femmes et qui n’entraînerait pas d’effets secondaires.

Comme l'expliquent ces scientifiques, les spermatozoïdes humains doivent d’abord parcourir 24.000 fois leur taille en agitant leur queue pour atteindre l’ovocyte. Ensuite, les plus vigoureux doivent encore effectuer un autre mouvement avec leur appendice pour percer la membrane qui protège l’œuf.Or, c’est seulement grâce à "un afflux massif d’ions calcium dans leur queue" que les spermatozoïdes peuvent effectuer ce "mouvement en tire-bouchon" pour espérer réussir la fécondation, détaille l'étude, publiée cette semaine dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Une cinquantaine de plantes testées au total

L'ambition des scientiques était donc de trouver le moyen de blolquer cette arrivée d’ions afin d'empêcher l'intrusion dans l’œuf, et donc la grossesse. Après des années de recherches et plus d’une cinquantaine de substances testées, les chercheurs ont découvert  que deux substances chimiques d’origines végétales possèdent justement ces propriétés. ll s’agit du lupéol, que l'on trouve dans les racines de pissenlit, ainsi que dans les olives et les mangues ; et de la pristimerine, une plante rare, aussi appelée "vigne du dieu tonnerre", utilisée depuis longtemps dans la médecine traditionnelle chinoise.

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Les premiers résultats sont attendus d'ici la fin de l’année

Selon les scientifiques, ces deux substances ont pour effet d'inhiber le processus chimique utilisé par les cellules reproductrices mâles pour pénétrer dans l’ovule. Mieux encore, leurs effets seraient dix fois plus efficaces que les méthodes de contraception actuellement présentes sur le marché. Ce "préservatif moléculaire"pourrait potentiellement être utilisé comme contraceptif d'urgence, avant ou après les rapports sexuels, ou comme contraceptif permanent sous la forme d'un patch cutané (pour les hommes comme pour les femmes) ou d'anneau vaginal.

Comme l’explique le site de la BBC, des tests ont débuté sur des primates, dont les spermatozoïdes fonctionnent de la même manière que les humains, afin de déterminer le dosage nécessaire, ainsi que la durée pendant laquelle les substances désactivent le flux d’ions calcium. Les premiers résultats sont attendus d'ici la fin de l’année.


Matthieu DELACHARLERY

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