Comment Hitler est-il mort ? Des chercheurs français dissipent les dernières zones d'ombre

La rédaction de LCI
Publié le 21 mai 2018 à 19h28
Comment Hitler est-il mort ? Des chercheurs français dissipent les dernières zones d'ombre

Source : AFP

SCIENCE - En 2017, la Russie a autorisé des chercheurs français a examiner des fragments de dents et du crâne du dictateur nazi, une première depuis 1946. Et les scientifiques sont formels : Hitler "n'a pas fui en Argentine dans un sous-marin" ni ailleurs. Et ils précisent les causes de son décès.

"Les dents sont authentiques, il n'y a aucun doute possible. Notre étude prouve bien que Hitler est mort en 1945." Le professeur Philippe Charlier est formel. Après avoir étudié des fragments de dents et du crâne d'Adolf Hitler, conservés à Moscou, le scientifique français et son équipe affirme que le dictateur est mort à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sans doute sous l'effet du cyanure mais aussi d'une balle.

Avec quatre autres chercheurs, Philippe Charlier a publié vendredi les résultats de son étude dans la revue scientifique European Journal of Internal Medicine. Il avait déjà fait état de certaines conclusions, fin mars, dans un documentaire de France 2. "On peut arrêter toutes les théories conspirationnistes et 'survivantistes' sur Hitler. Il n'a pas fui en Argentine dans un sous-marin, il n'est pas dans une base cachée en Antarctique ou sur la face cachée de la Lune", avait alors affirmé le scientifique.

Lire aussi
Les restes de mâchoire et de dents d'Adolf Hitler, conservés au siège des services secrets russes, le FSB, dans une ancienne boîte à cigarettes. - Jean-Christophe Birsard / DR

En mars et juillet 2017, les services secrets et les archives d'Etat russes ont autorisé l'équipe de Philippe Charlier à examiner les restes d'Hitler. Une première depuis 1946. L'étude permet ainsi d'authentifier ces fragments de dents. Pour y arriver, les scientifiques ont examiné la mauvaise dentition d'Hitler et ses nombreuses prothèses, identifiant notamment des dépôts de tartre et l'absence de traces de fibres carnées, le dictateur étant végétarien.

Les dents d'Adolf Hitler sont conservées au siège des services secret russes, le FSB, à Moscou. - Jean-Christophe Brisard / DR

Les chercheurs ont également pu étudier le morceau de crâne présenté comme appartenant à Hitler. Celui-ci présente un trou sur son côté gauche, qui pouvait être lié à l'impact d'une balle. Ils n'ont en revanche pas reçu l'autorisation d'effectuer des prélèvements sur ce fragment. La morphologie de ce morceau de crâne est, selon les chercheurs "totalement comparable" à des radiographies du crâne de Führer réalisées un an avant sa mort. 

Le fragment du crâne d'Adolf Hitler est conservé dans une vieille boîte à disquette au siège des Archives d'Etat, à Moscou. - Jean-Christophe Brisard / DR

Les résultats de cette étude confortent ainsi la version généralement admise d'une mort d'Hitler le 30 avril 1945 dans son bunker berlinois. L'équipe de Philippe Charlier apporte en revanche de nouveaux éléments sur les causes de cette mort. "On ne savait pas très bien s'il avait utilisé une ampoule de cyanure pour se suicider ou s'il s'était tiré une balle dans la tête. C'est vraisemblablement les deux", indique le scientifique. 

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont noté l'absence de poudre sur les restes de la dentition, excluant ainsi l'hypothèse d'un tir de revolver dans la bouche. Ils favorisent la thèse d'un tir dans le cou ou dans la tempe. Enfin, ils ont observé des dépôts bleuâtres les prothèses dentaires, "vraisemblablement" liés à une "réaction chimique entre le cyanure et le métal des prothèses", affirme Philippe Charlier.


La rédaction de LCI

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info