Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Coronavirus : confiné sur Mars, le robot Curiosity n'est pas au chômage partiel pour autant

Matthieu DELACHARLERY
Publié le 16 avril 2020 à 10h59
Coronavirus : confiné sur Mars, le robot Curiosity n'est pas au chômage partiel pour autant

Source : HO / NASA/JPL-Caltech/MSSS / AFP

ESPACE - Lorsqu'on travaille à la Nasa, l'adaptabilité est presque une seconde nature. Avec les mesures de confinement liées à l'épidémie, les opérateurs, en charge du pilotage du robot martien Curiosity, ont dû eux aussi passer au télétravail. Une première dans l'histoire de l'agence spatiale américaine.

Le confinement, il connaît ! Seul sur la planète Mars depuis son arrivée en août 2012, le petit robot Curiosity n’est pas pour autant au chômage partiel, malgré la crise sanitaire qui sévit sur Terre. Reste qu'en raison des mesures de confinement liées à la pandémie de coronavirus (Covid-19), la Nasa a néanmoins dû adapter sa méthode de travail. L’équipe de la mission Mars Science Laborotary, chargée d’envoyer les commandes à l’astromobile de l’agence spatiale américaine, pour que celui-ci mène à bien sa mission, opère à domicile, en télétravail. Une configuration inédite, dont les coulisses ont en partie été dévoilées. 

Une photo prise le 20 mars dernier, au premier jour de la mise en place du dispositif, a été publiée sur le site de la Nasa. Habituellement, explique l'agence dans son communiqué, ces ingénieurs travaillent au sein du Jet Propulsion Laboratory, au sud de la Californie, où se situe le centre opérationnel de la mission. Mais ce jour-là, pour la première fois dans l'histoire de la Nasa, les opérations du rover ont dû être planifiées alors que l'équipe expérimentait la pratique du télétravail. 

Des membres de la mission Mars Science Laboratory (MSL) de la Nasa, le 20 mars 2020, en train de piloter le petit robot Curiosity à leurs domiciles. - NASA / JPL-Caltech

Deux jours plus tard, les commandes qui avaient été transmises au robot martien ont été exécutées comme prévu, ce qui a conduit Curiosity à forer un échantillon de roche sur un site baptisé "Édimbourg", du nom de la capitale de l'Ecosse.

De simples lunettes à relief pour guider le robot

Habituellement, les ingénieurs du Nasa Jet Propulsary utilisent des casques de réalité virtuelle, de type Holosens, pour étudier les images en trois dimensions transmises par le petit robot d’exploration. Ce qui les aide à déterminer où conduire Curiosity ainsi que l’amplitude à laquelle ils peuvent déployer son bras robotique. 

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Le hic, c’est que cette technologie requiert des cartes graphiques ultra sophistiquées et des machines très performantes pour les faire tourner. Afin que les opérateurs puissent visualiser les images par le biais d’ordinateurs portables ordinaires, les ingénieurs utilisent une simple paire de lunettes à relief avec deux filtres de couleur différent, rouge et bleu cyan, explique la Nasa. Pour se faire une idée, le modèle ressemble un peu à celle que vous portez lors de la projection d’un film en 3D au cinéma.

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Chaque action de l’astromobile peut impliquer jusqu’à une vingtaine de personnes, explique la Nasa. A cause du confinement, les discussions se font désormais en visioconférence et par le biais de messageries électroniques, parfois même sur une quinzaine de canaux simultanément. "En moyenne, la planification des de ces tâches prend une ou deux heures de plus qu’en temps ordinaire. Ce qui limite par conséquent le nombre de commandes qui sont transmises chaque jour. Malgré cela, Curiosity est toujours aussi productif du point de vue scientifique", affirme la Nasa. 


Matthieu DELACHARLERY

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