Course à l'espace : la France appelle l'Europe à "faire bloc" face aux ambitions chinoises et américaines

La rédaction de TF1info
Publié le 22 novembre 2022 à 16h14
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les 22 États membres de l'Agence spatiale européenne sont réunis à Paris pour décider du budget de l'agence pour les trois prochaines années.
L'enjeu pour l'Europe : ne pas se faire trop distancer par les Etats-Unis et à la Chine, qui investissent massivement dans l'exploration spatiale.

Alors que la Chine et les États-Unis investissent massivement dans ce domaine, l'Europe peut-elle encore rester dans la course à l'espace ? Les 22 pays membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) se réunissent à Paris du 22 au 23 novembre pour décider du budget  de l'agence pour les trois prochaines années. La France, l'un des principaux pays contributeurs de l'ESA, a exhorté l'Europe à surmonter la concurrence entre États et à s'unir pour faire bloc face aux ambitions spatiales chinoises et américaines. "Il doit y avoir une seule Europe, une seule politique spatiale européenne et une unité sans faille face aux ambitions chinoises et aux ambitions américaines", a déclaré le ministre français de l’Économie, chargé de l'espace, Bruno Le Maire.

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 L'Agence spatiale européenne demande à ses États membres une contribution record de 18,5 milliards d'euros pour financer les programmes spatiaux sur les trois prochaines années, en hausse de plus d'un quart par rapport à la période précédente. "Quelles que soient les sciences et les technologies que nous visons, elles ne peuvent s'épanouir que dans un contexte économique sain. Nous devons accélérer la commercialisation de l'espace", a déclaré le directeur-général de l'agence, Josef Aschbacher, à l'ouverture de la conférence.

Ces investissements, auxquels chaque État abonde à sa guise, concernent notamment l'observation de la Terre, qui permet de mesurer l'impact du réchauffement climatique (3 milliards d'euros demandés), le transport spatial, notamment pour le lanceur Ariane 6 (3,2 milliards), ou encore l'exploration humaine et robotique de l'espace (3 milliards d'euros). Il s'agit aussi pour les Européens de rattraper leur retard sur les investissements privés, sur un échiquier où la compétition s'est durcie avec la révolution dite du "New Space", qui a vu les acteurs privés se multiplier, tels que l'américain SpaceX d'Elon Musk.

"Aujourd'hui, l'économie spatiale représente environ 340 milliards de dollars ou d'euros. Ce marché atteindra environ 1000 milliards d'ici la fin de la prochaine décennie"

Entre 2017 et 2021, les investissements privés dans le secteur spatial ont augmenté de 86% dans le monde, à plus de 12 milliards d'euros, quand en Europe, ils n'ont progressé que de 14%, souligne l'Agence spatiale européenne. "Aujourd'hui, l'économie spatiale représente environ 340 milliards de dollars ou d'euros. Ce marché atteindra environ 1000 milliards d'ici la fin de la prochaine décennie", a souligné le directeur-général de l'ESA. 

Pour en tirer le meilleur parti, "nous devons faire plus attention à la rentabilité financière de nos projets. Le temps où l’on pouvait mettre autant d’argent public, et ça n’était pas grave [si] ce n’était pas rentable, est révolu", a estimé Bruno Le Maire, appelant à "faire une place aux start-up" pour "nous forcer à aller vers des technologies de rupture" comme les lanceurs réutilisables. 

Au coeur des discussions, l'avenir d'Ariane 6

Le sujet des lanceurs est crucial pour un accès autonome européen à l'espace, mis à mal par le retard d'Ariane 6 - considérée comme la riposte à Space X- et la guerre en Ukraine, qui a privé l'Europe des lanceurs russes Soyouz. L'ESA a par exemple été contrainte de recourir aux services de la société d'Elon Musk pour lancer deux missions scientifiques. Le dossier est régulièrement une source de "tiraillements intra-européens" entre la France, l'Allemagne et l'Italie, reconnaît le président du CNES, l'agence spatiale française, Philippe Baptiste. 

Mardi, ces trois principaux pays contributeurs de l'Agence spatiale européenne se sont accordés pour garantir l'exploitation future des fusées Ariane 6 et sa petite sœur Vega-C, et ainsi permettre aux micro et mini-lanceurs d'être envoyés pour le compte de l'ESA. Cette déclaration permet de reconnaître leur "interdépendance dans les programmes où ils ont des intérêts conjoints", qu'il s'agisse d'Ariane 6, dont le chef de file est la France, Vega-C mené par l'Italie ou l'arrivée de micro et minilanceurs promue par l'Allemagne, a expliqué à l'AFP Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial à l'ESA. 


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