Thomas Pesquet dans l'espace

Dans quel état physique Thomas Pesquet va-t-il revenir sur Terre ?

Aurélia Frescaline
Publié le 1 juin 2017 à 11h30, mis à jour le 2 juin 2017 à 9h59
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Source : Sujet JT LCI

ATTERRISSAGE - De retour après avoir passé six mois à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, l'astronaute Thomas Pesquet aura un peu changé physiquement. Quelques centimètres en plus, en peu d'os en moins, quels sont les effets sur le corps d'un séjour prolongé dans l'espace ? Des spécialistes nous expliquent tout.

"L'espace n'est pas un environnement anodin pour le corps", prévient d'emblée Brigitte Godard, médecin personnelle de Thomas Pesquet. Toutes les semaines durant sa mission à bord de la station spatiale internationale (ISS), elle a échangé avec l'astronaute, lors de visioconférences médicales privées. Elle passait en revue son état de santé, son sommeil, son alimentation...

Car si Thomas Pesquet avait plusieurs expériences à mener à bord, il était lui-même une expérience. Son cerveau, son horloge biologique, ses muscles, ses os, ont été étudiés. Alors quels changements va-t-il constater à son retour sur terre ? Et quelles sont les causes de ces changements ? On a fait le point avec Brigitte Godard.

Et comment vit-on l'atterrissage ?

Moment critique s'il en est, l'atterrissage se fait via la capsule Soyouz, détâchée de la Station spatiale. Il peut être très difficile à vivre. Pendant six mois les astronautes s'habituent à ne plus rien peser, à vivre en lévitation permanente, mais dès qu'ils franchissent l'atmosphère, ils vont ressentir la gravité. Lors de la descente, cette force gravitationnelle est accentuée et les passagers vont ressentir plus de quatre fois leur poids sur Terre, voire neuf fois si le vol ne se passe pas comme prévu (cas d'un vol balistique). A noter que la capsule Soyouz est très petite, les astronautes, arnachés, sont recroquevillés à l'intérieur, d'où un effet "tambour de machine à laver" ressenti lors de la descente. 

"Les astronautes sont préparés à cela. Ils ont fait avant le vol des tours  de 'centrifugeuse'" pour s'entraîner, souligne Brigitte Godard. A l'aller, lors de l'accélération qui permet d'arracher le vaisseau à la Terre, ils ont déjà éprouvé cette situation. Mais au retour, c'est "souvent plus dur". "Quand Thomas sortira du Soyouz, il sera sans doute un peu étourdi, comme lorsque l'on se lève trop vite de son lit". 

L'astronaute britannique Timothy Peake pose à côté de la capsule Soyouz, exposée à Londres. - SIPA

Les fluides qui étaient montés à la tête au moment de l'arrivée dans l'espace puis s'étaient répartis de manière homogène dans le corps pendant le séjour, seront redescendus dans les jambes à cause de la gravité. Cela peut faire baisser la pression artérielle et provoquer des nausées. "La réadaptation peut prendre de quelques heures à trois jours grand maximum".

L'impact du module Soyouz sur le sol est aussi ressenti, même s'il est amorti par un parachute. Dès la sortie de la capsule, les astronautes sont maintenus en position assise. Des tests médicaux sont immédiatement pratiqués, puis ils peuvent appeler leurs familles pour les rassurer. Il leur faudra ensuite s'habituer à peser de nouveau leur poids, avec parfois des difficultés à se tenir debout, à supporter le poids de leur tête, après plusieurs mois passés à flotter dans les airs...


Aurélia Frescaline

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