De retour sur Terre après son passage dans l'espace, Jeff Bezos est "abasourdi" et "stupéfait"

F.S. avec AFP
Publié le 21 juillet 2021 à 0h11
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CÉLESTE - De retour sur Terre après son (très court) voyage dans l'espace, le milliardaire et fondateur d'Amazon Jeff Bezos a livré ses premiers sentiments aux côtés de ses trois compagnons de voyage. Morceaux choisis.

La conférence de presse qui l'a suivi aura été beaucoup plus longue que le vol lui-même. Alors qu'il venait de passer quelque trois minutes dans l'apesanteur spatiale, Jeff Bezos, rattrapé par la gravité terrestre, a développé à l'envi les sensations ressenties durant cette brève expérience.

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C'est l'aboutissement de plusieurs années d'investissement, de recherches, d'essais et d'échecs. Puis ce furent en quelques minutes un décollage réussi, un vol spatial au-delà de la barrière des 100 km d'altitude, et enfin un retour sur la terre du Texas dans une capsule freinée par trois parachutes géants. Jeff Bezos a matérialisé son "rêve", voir la Terre d'en haut lors d'un vol habité privé, qui aurait dû être le premier de l'Histoire si le patron de Virgin, Richard Branson, ne l'avait inélégamment précédé le 11 juillet dernier. 

Ceux que Jeff Bezos a tenu particulièrement à remercier, au cours d'une présentation publique à peine deux heures après son retour, ce sont... les clients d'Amazon. Sa fortune stratosphérique, entièrement basée sur le succès de la plus importante marque de VPC dans le monde, lui aura en effet permis d'investir à fonds perdus dans cette aventure - qui avant lui, Richard Branson ou Elon Musk - n'avait été tentée que par des États puissants. 

"Je veux remercier chaque employé d'Amazon", a-t-il lancé des trémolos dans la voix, "et chaque client d'Amazon, parce que les gars, c'est vous qui avez payé pour tout ça. Du fond de mon cœur, merci".  Revenant à la question qui lui avait été posée par la modératrice de la conférence, sur ses sensations pendant le vol, il lâchait enfin un énorme "Oh mon dieu !".

Stupéfait, abasourdi, par la Terre et sa beauté, mais aussi sa fragilité

Jeff Bezos

S'abandonnant à une brève digression, Bezos a décrit ses quelques minutes à "gravité zéro" comme "si paisibles et flottantes", qu'il lui a semblé fugitivement que c'était en fait "beaucoup plus naturel à l'être humain que la gravité". Puis il a remis son pas dans celui de ses prédécesseurs dans la conquête spatiale : "Tous ceux qui ont été dans l'espace ont dit que ça les avait changés", a-t-il rappelé, "et qu'ils étaient stupéfaits, abasourdis, par la Terre et sa beauté, mais aussi sa fragilité... et je suis entièrement d'accord".

Jeff Bezos voulait aussi passer un message, et a beaucoup insisté sur la perception qu'il avait eue de la fragilité de la "fine couche fragile" qu'est l'atmosphère qui protège la Terre, que nous pensons immense "quand nous évoluons sur cette planète", et à laquelle "nous infligeons des dégâts". "C'est une chose de le reconnaître", a-t-il martelé, "mais c'est autre chose que de voir de vos propres yeux à quel point elle est vraiment fragile."

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L'affectif était très présent au cœur de la démarche de Jeff Bezos, qui en plus de voler avec son frère, a été accueilli par ses parents à sa sortie de la capsule, puis a remis un collier à sa mère lors de la conférence publique, qu'il avait autour du cou pendant le vol. 

Mais s'il a placé l'évènement sous le signe affectif et familial, Bezos a aussi voulu convoquer les grandes figures de la légende aéronautique, histoire d'établir dans quelle lignée il situe son propre exploit. Son frère a ainsi emporté à bord un fragment de toile de l'avion pionnier des frères Wright, et un médaillon réalisé lors du premier vol en montgolfière, effectué à Versailles en 1783. 

De son côté, Jeff Bezos a emporté les lunettes artisanales que l'aviatrice Amelia Earhart portait pour se protéger de la lumière au-dessus de l'Atlantique. "J'aime à penser", s'est permis de lancer le milliardaire en chaussant les lunettes, "que si Amelia était là, elle serait très fière de nous", avant d'enlacer la pilote Wally Funk, elle aussi du voyage à 82 ans.

Nous allons construire une route pour l'espace

Jeff Bezos

Si l'ex-patron d'Amazon, puisqu'il vient d'en quitter la direction, a incarné cette journée de sa présence active et émue, il ne perd pas de vue les objectifs premiers poursuivis depuis la création de Blue Origin en 2000 : la création de colonies spatiales flottantes et habitables, où des millions de personnes pourraient vivre. "Nous allons construire une route vers l'espace" a-t-il ainsi conclu, "pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent construire l'avenir".


F.S. avec AFP

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