Mission Dart : dévier un astéroïde, le pari fou de la Nasa

Avec la mission Dart, la Nasa va dévier un astéroïde pour se préparer à une future menace

M.G
Publié le 26 septembre 2022 à 9h33
JT Perso

Source : TF1 Info

Dans la nuit de lundi à mardi, la Nasa va tenter de dévier la trajectoire d'un astéroïde en projetant sur lui un vaisseau kamikaze.
Après dix mois de voyage, la sonde Dart doit frapper l'astéroïde Dimorphos à 23H14 GMT lundi, à une vitesse de plus de 20.000 km/h.
Cette mission doit permettre à la Terre de mieux se préparer face à une éventuelle menace future.

Certains films de science-fiction en rêvaient, la Nasa l'a fait. Envisagée dans Armageddon ou plus récemment dans Don't Look Up : Déni cosmique, la déviation d'un astéroïde va devenir une réalité ce lundi. La sonde Dart -"fléchette", en anglais - va être précipitée sur Dimorphos, à 23h14 GMT (1h14, heure française). Le vaisseau, qui n'est pas plus grand qu'une voiture va s'écraser sur sa cible d'environ 160 mètres de diamètre (la moitié de la hauteur de la Tour Eiffel). Le tout à une vitesse de plus de 20.000 km/h.

Une manœuvre impressionnante à suivre en direct

Il ne s'agit pas de détruire l'astéroïde, qui ne représente aucun danger pour la Terre, mais de le pousser légèrement, selon la technique dite de l'impact cinétique. Dans les faits, Dimorphos est le satellite d'un plus gros astéroïde, Didymos (780 mètres de diamètre), dont il fait le tour en 11 heures et 55 minutes. Le but est de réduire l'orbite de Dimorphos autour de Didymos d'approximativement dix minutes. Ce changement pourra être mesuré par des télescopes depuis la Terre, en observant la variation de l'éclat lorsque le petit astéroïde passe devant le gros.

Image diffusée par l'Esa de la sonde DART avant d'aller s'écraser sur un astéroïde. - TF1/Esa

La manœuvre, diffusée par la Nasa, pourra être suivie en direct. Lors de la phase finale de l'approche, une caméra, appelée Draco, prendra les toutes premières images de l'astéroïde, dont on ne connaît pas encore la forme (ronde, oblongue...). À un rythme d'une image par seconde, visibles en direct sur Terre avec un délai de seulement quelque 45 secondes. "Cela va commencer par un petit point de lumière, jusqu'à remplir tout le cadre", a déclaré Nancy Chabot, du Laboratoire de physique appliquée (APL) de l'université Johns Hopkins, où se trouve le centre de contrôle. "Ces images continueront à arriver, jusqu'à ce qu'elles n'arrivent plus", a-t-elle ajouté, en référence au moment de l'explosion.

L'avantage de cette mission est évident : l'humanité sera en mesure de dévier les astéroïdes potentiellement dangereux à l'avenir

Bobby Braun

Ce test de "défense planétaire" doit permettre de mieux préparer l'humanité face à une éventuelle menace future, et de mieux la protéger. Il s'agit de mieux comprendre comment réagira Dimorphos, représentatif d'une population d'astéroïdes assez communs, mais dont on ne connaît pas la composition exacte. "Pour la toute première fois, nous allons changer, de façon mesurable, l'orbite d'un corps céleste dans l'univers. L'avantage de cette mission est évident : l'humanité sera en mesure de dévier les astéroïdes potentiellement dangereux à l'avenir", confirme Bobby Braun, chef du département d'exploration à l'université John Hopkins.

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La sonde européenne Hera, qui doit décoller en 2024, ira observer de près Dimorphos en 2026 pour évaluer les conséquences de l'impact et calculer, pour la première fois, la masse de l'astéroïde. 

Pas de danger dans les 100 prochaines années

Près de 30.000 astéroïdes de toutes tailles ont été catalogués dans les environs de la Terre (on les appelle des géocroiseurs, c'est-à-dire que leur orbite croise celle de notre planète). Quelque 3000 nouveaux sont trouvés chaque année. Ceux d'un kilomètre et plus ont quasiment tous été repérés, selon les scientifiques. Mais ils estiment n'avoir connaissance que de 40% des astéroïdes mesurant 140 mètres et plus - ceux capables de dévaster une région entière. Très peu d'entre eux sont considérés comme potentiellement dangereux, et aucun ne l'est sur les 100 prochaines années. Mais "je garantis que si vous attendez assez longtemps, il y aura un objet", a mis en garde Thomas Zurbuchen, chef scientifique de la Nasa. D'où la nécessité de se préparer, au mieux, à une telle éventualité. 


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