Le week-end dernier, la Station spatiale internationale a dû effectuer une manœuvre pour éviter un nuage de débris.
Ces fragments, même minuscules, peuvent causer d'énormes dégâts du fait de leur vitesse, presque 30.000 km/h.

S'il n'est pas possible de parer la menace d'une minuscule météorite, comme celle qui a contraint en janvier dernier la Russie à dépêcher une mission de secours vers le module russe de l’ISS, ce sont les déchets spatiaux qui constituent le principal danger pour la Station spatiale internationale (ISS). Le laboratoire en orbite autour de la Terre, à bord duquel se trouvent actuellement huit astronautes - quatre Américains, deux Saoudiens, un Russe et un Emirati, a dû modifier sa trajectoire ce dimanche 6 août.

"Une manœuvre d'évitement de débris spatiaux a été effectuée aujourd'hui à 2:03 UTC (4h03 heure française, ndlr);  en utilisant les moteurs #ProgressMS22. Les moteurs ont fonctionné pendant 196 secondes, avec une impulsion de 0,3 m/s. L'altitude de l'orbite de la station a été augmentée de 0,5 km", a rapporté Katy Pavlushchenko, spécialiste de l'actualité spatiale, sur le réseau social Twitter. L'opération s'est déroulée comme prévue. 

De plus en plus de déchets spatiaux autour de la Terre

En orbite autour de la Terre depuis 1998, la Station spatiale internationale a dû effectuer plusieurs dizaines de manœuvres d'évitement depuis son lancement. Selon un rapport de la Nasa datant de décembre 2022, l'engin a été contraint de corriger sa trajectoire à trente-deux reprises entre 1999 et 2023, en raison d'un risque potentiel de collision avec un satellite ou des déchets spatiaux.

Depuis 1957 et le début de l’ère spatiale, des tonnes de lanceurs, de véhicules et d’instruments ont été envoyés dans l’espace. Il n’y avait alors aucune disposition relative à ce qu’il fallait en faire une fois qu’ils arrivaient en fin de vie. Leur nombre a continué à augmenter, et les explosions et les collisions dans l’espace ont créé des centaines de milliers d’éclats de débris dangereux.   

Il y aurait ainsi en orbite un demi-million de débris de la taille d'une bille et cent millions mesurant environ un millimètre, selon les estimations de l'agence de l'Onu en charge de la question des déchets spatiaux. Sur les 14.000 satellites en orbite, environ 35% ont été déployés au cours de ces trois dernières années et 100.000 autres sont attendus dans la décennie à venir. Autant dire que la situation ne risque pas de s'arranger de sitôt. 

Pour assurer la sécurité des astronautes qui se trouvent à bord, le département américain de la Défense suit en temps réel les objets en orbite dont la taille dépasse 10 cm. Dès lors qu'un objet d'un gabarit supérieur se dirige vers la Station spatiale internationale, les propulseurs de la station peuvent lui permettre de l'éviter, comme ce fût le cas dimanche dernier. En cas d'impact pouvant mettre en péril l'intégrité du laboratoire, les occupants doivent, en théorie, pouvoir le quitter en 3 heures. 


Matthieu DELACHARLERY

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