Deux astronautes européens, dont la Française Sophie Adenot, vont se rendre dans l'espace en 2026.
Pour rejoindre l'ISS, ils utiliseront l'un des "taxis spatiaux" de la Nasa.
En l'absence d'un cargo spatial, l'Europe n'a pas d'autre choix que de faire de l'"auto-stop".

Les Européens bientôt de retour dans l'espace. Deux astronautes de l’Agence spatiale européenne (Esa), la Française Sophie Adenot et le Belge Raphaël Liégeois, vont se rendre à bord de la Station spatiale internationale (ISS) en 2026. Tout comme lors de la dernière mission de Thomas Pesquet, le tandem fera le voyage à bord d’un "taxi spatial" opéré par un partenaire de la Nasa. 

Pour l’instant, seul le vaisseau Crew Dragon de SpaceX est en capacité d’amener des astronautes jusqu’au complexe orbital. Mais plus pour longtemps : après plusieurs reports, le vaisseau Startliner de Boeing s'apprête à effectuer sa première mission avec équipage. Son lancement est pour l'instant fixé au 1ᵉʳ juin prochain.

Pendant dix ans, Européens comme Américains ont été contraints d’utiliser les vaisseaux Soyouz de l’Agence spatiale russe (Roscosmos) pour rejoindre l'ISS. Grâce à SpaceX, les États-Unis ont pu retrouver une autonomie stratégique. En revanche, ce n'est toujours pas le cas de l'Europe, dont les astronautes continuent de faire de l'"auto-stop", en faisant désormais appel à la Nasa et ses partenaires. 

Afin d'y remédier, l'Esa a débloqué mercredi 22 mai une enveloppe de 50 millions d'euros pour se doter d'un cargo spatial capable d'acheminer du fret, mais aussi d'amener un équipage jusqu'au laboratoire orbital dans un premier temps, puis au-delà sur la Lune.

Bientôt une version européenne de SpaceX ?

La startup franco-allemande The Exploration Company et le fournisseur franco-italien Thales Alenia Space ont été choisis pour mettre en place un service commercialement crédible vers l'orbite terrestre basse à l'horizon 2028. Une deuxième enveloppe - qui devrait se chiffrer en centaines de milliers d'euros - doit être validée lors de la prochaine réunion ministérielle de l'Esa, qui est prévue en 2025. 

Cette annonce marque un changement notable dans la stratégie opérait par l'Agence spatiale européenne, qui entend s'appuyer dorénavant sur des partenaires privés plutôt que de commander le développement de fusées et d'engins spatiaux. Une stratégie mise en place par la Nasa il y a deux décennies et qui semble aujourd'hui s'avérer fructueuse.

La capsule NYX de The Exploration Company est prévue pour 2027.
La capsule NYX de The Exploration Company est prévue pour 2027. - The Exploration Company

Depuis sa nomination, le patron de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, milite pour une approche plus commerciale dans l'attribution des marchés afin de développer le secteur spatial européen et de réduire les coûts. "La signature des contrats de service de retour de fret en orbite terrestre basse montre comment l'Esa s'est modernisée pour répondre aux exigences de la prochaine ère de l'économie spatiale", s'est félicité le directeur général ce mercredi lors d'une conférence de presse. 

La Nasa a lancé son programme COTS (Commercial Orbital Transportation Services) en 2006. Sans cela, il est probable que l'entreprise spatiale d'Elon Musk ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.

Toutefois, les sommes mises à disposition par l'Esa sont bien inférieures à celles qui ont fait le succès de SpaceX. La Nasa a initialement attribué plus de 400 millions de dollars à deux entreprises, SpaceX et Boeing, afin de développer un véhicule capable de réapprovisionner l'ISS. Deux ans plus tard, elle avait conclu avec eux des contrats à prix fixe d'une valeur de 3 milliards d'euros. 

L'Agence spatiale européenne ne dispose, elle, que de 75 millions d'euros pour cette première phase. Les 25 millions d'euros non alloués dans l'annonce de mercredi devaient être attribués à un troisième partenaire qui, selon le Financial Times, serait MaiaSpace, une filiale de la société française ArianeGroup.


Matthieu DELACHARLERY

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