Espace : la capsule spatiale de Boeing réussit une mission clé, malgré quelques accrocs

Aurélie Loek avec AFP
Publié le 26 mai 2022 à 8h10
JT Perso

Source : La matinale Week-end

Boeing est parvenu à prouver sa capacité à faire voler et faire revenir sa capsule spatiale, Starliner.
Après avoir atteint l'ISS, celle-ci a atterri dans le désert de l'État américain du Nouveau-Mexique, mercredi soir.
Prochaine étape pour Boeing : transporter des astronautes de la Nasa.

C'est une nouvelle mission réussie pour Boeing. Mercredi soir, l'entreprise a vu atterrir sur la base de White Sands, dans le désert de l'État américain du Nouveau-Mexique, sa capsule spatiale, Starliner. Sa descente, d'abord freinée par son entrée dans l'atmosphère terrestre, a été accompagnée par l'ouverture de larges parachutes et le contact avec le sol a été amorti par de grands airbags. "Un bel atterrissage à White Sand ce soir", a déclaré un commentateur de la retransmission vidéo de la Nasa.

Une mission réussie après des essais infructueux depuis 2019

Cet atterrissage de la capsule, qui ne comportait aucun passager à bord, marque la fin d'une mission d'essai cruciale autant pour l'entreprise, qui tente de réussir ce vol depuis des années, que pour la Nasa, qui a investi plusieurs milliards de dollars dans le développement du vaisseau. Elle souhaite à l'avenir en louer les services pour transporter ses astronautes jusqu'à la Station spatiale internationale.

En effet, Boeing tente de faire voler Starliner depuis 2019. Cette année-là, la capsule n'avait pas réussi à atteindre la station spatiale et avait dû rebrousser chemin plus tôt que prévu. Après cette première mission ratée et une longue période d'ajustements, le vol d'essai devait être retenté en août 2021. Mais alors que la fusée se trouvait déjà sur le pas de tir, des valves s'étaient retrouvées bloquées à cause d'un problème d'humidité. Le vaisseau avait dû retourner à l'usine pour des réparations qui ont duré dix mois.

Cette fois, le vol vers l'ISS s'est bien déroulé, malgré quelques accrocs, notamment un souci détecté dans le système de propulsion : deux des 12 propulseurs utilisés par la capsule pour se placer sur la bonne trajectoire après le décollage n'ont pas fonctionné. Des responsables de la Nasa et de Boeing se sont toutefois montrés rassurants. La capsule s'est aussi amarrée en retard, à cause d'un souci technique sur le dispositif lui permettant de s'accrocher à la station. Des problèmes qui restent mineurs, comparés aux embûches précédentes.

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Après cette mission, un deuxième vol de démonstration, avec cette fois des astronautes à bord, devra être effectué pour que le vaisseau obtienne l'homologation de la Nasa. Boeing espère pouvoir le réaliser d'ici à la fin de l'année, puis démarrer les missions régulières vers l'ISS. Mais le calendrier exact dépendra de l'analyse des performances de Starliner ces derniers jours. 

L'agence spatiale américaine a signé des contrats à prix fixe tant avec SpaceX que Boeing. En recourant à deux entreprises, elle souhaite diversifier ses options, afin de ne plus jamais risquer de se retrouver sans moyen de transport américain, comme après l'arrêt des navettes spatiales en 2011. Jusqu'à SpaceX, qui avait volé la vedette à Boeing en envoyant des navettes spatiales dès 2020, la Nasa en était, en effet, réduite à payer pour des places dans les fusées russes Soyouz.


Aurélie Loek avec AFP

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