VIDÉO - La fusée Artemis enfin lancée vers la Lune : revoyez les images du décollage

Publié le 15 novembre 2022 à 20h18, mis à jour le 16 novembre 2022 à 12h47

Source : TF1 Info

Le lancement de la méga-fusée SLS, prévu dans la nuit de mardi à mercredi, depuis la Floride, a bien eu lieu, mercredi 16 novembre.
Le décollage avait été retardé à cause d'une fuite lors des complexes opérations de remplissage des réservoirs de carburant.
Après deux tentatives ratées cet été, la Nasa tente pour la troisième fois de lancer ce vol-test inhabité vers la Lune.

Le ciel de Floride s'est illuminé. La fusée la plus puissante du monde, SLS, a décollé à 1h50 du matin heure locale (7h50 à Paris), mercredi 16 novembre, pour la première fois, pour une mission marquant le grand début du programme américain de retour sur la Lune. Prévu initialement à 1h04 (7h04), le baptême de l'air de la mission Artémis 1 avait été retardé, après la découverte d'une nouvelle fuite lors des complexes opérations de remplissage des réservoirs de carburant. 

Après deux tentatives de décollage ratées cet été, puis deux ouragans, ce vol test non habité, qui fera le tour de la Lune sans y atterrir, doit permettre de confirmer que le véhicule est sûr pour un futur équipage. Cette même fusée emmènera à l'avenir la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. Malgré son lancement nocturne, quelque 100.000 personnes sont attendues pour admirer le spectacle. De nombreux astronautes font aussi le déplacement, dont le Français Thomas Pesquet.

Remplissage complexe de carburant et soucis techniques

Les opérations de remplissage de carburant ont commencé mardi après-midi au centre spatial Kennedy. L'étage principal de la fusée de 98 mètres de haut, de couleur orange, sera rempli de pas moins de 2,7 millions de litres d'oxygène et d'hydrogène liquides. Cet été déjà, une fuite d'hydrogène avait causé l'annulation de la deuxième tentative de décollage. Les procédures ont depuis été modifiées, et vérifiées avec succès lors d'un test. La première annulation était, elle, due à un capteur défectueux. Les responsables de la Nasa n'ont cessé de répéter que ces problèmes étaient normaux pour un tout nouveau véhicule, que ses équipes apprennent à comprendre et manier.

Après ces soucis techniques, deux ouragans ont successivement menacé la fusée, qui a d'abord dû être rentrée fin septembre dans son bâtiment d'assemblage pour être mise à l'abri de l'ouragan Ian, repoussant le décollage de plusieurs semaines. Puis, une fois ressortie sur son pas de tir, elle a dû affronter il y a moins d'une semaine les vents de l'ouragan Nicole. Cette tempête a causé l'endommagement d'une fine couche de mastic au sommet de la fusée, mais la Nasa a estimé lundi que le risque induit était minime. Au total, le programme cumule plusieurs années de retard, et la réussite de cette mission, qui coûte plusieurs milliards de dollars, est devenue impérative pour la Nasa. 

Une mission de 25 jours

Si le décollage est effectué dans les temps, les équipes du centre de contrôle à Houston, au Texas, prendront la main. Au bout de deux minutes, les deux propulseurs d'appoint blancs retomberont dans l'Atlantique. Après huit minutes, l'étage principal se détachera à son tour. Puis, environ 1h30 après le décollage, une dernière poussée de l'étage supérieur mettra la capsule Orion sur le chemin de la Lune, qu'elle rejoindra en quelques jours.

Là, elle sera placée sur une orbite distante durant environ une semaine, et s'aventurera jusqu'à 64.000 km derrière la Lune - un record pour une capsule habitable. Enfin, Orion entamera son retour vers la Terre, mettant à l'épreuve son bouclier thermique, le plus grand jamais construit. Il devra supporter une température moitié aussi chaude que la surface du Soleil en traversant l'atmosphère. Une fois lancée, la mission doit durer 25 jours et demi, avec un amerrissage dans l'océan Pacifique le 11 décembre.

Prochain objectif : Mars ?

Après la fusée Saturn V des missions Apollo, puis les navettes spatiales, SLS doit faire entrer la Nasa dans une nouvelle ère d'exploration humaine : celle de l'espace lointain. En 2024, Artémis 2 emmènera des astronautes jusqu'à la Lune, toujours sans y atterrir. Un honneur réservé à l'équipage d'Artémis 3, en 2025 au plus tôt. La Nasa envisage ensuite une mission par an, notamment pour construire une station spatiale en orbite autour de la Lune, nommée Gateaway, et une base sur son pôle sud.

Le but est d'y tester de nouveaux équipements : combinaisons spatiales, véhicule pressurisé, mini-centrale électrique, utilisation de l'eau glacée présente sur place... Le tout afin d'y établir une présence humaine durable. Cette expérience doit préparer un vol habité vers Mars, peut-être à la fin des années 2030. L'aller-retour prendra au minimum deux ans.


La rédaction de TF1info

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