Espace : un vieux satellite va retomber sur Terre dans les prochains jours, mais où et quand ?

Publié le 17 février 2024 à 19h29, mis à jour le 21 février 2024 à 10h42

Source : JT 20h WE

Cette opération de retombée sur Terre a été entamée en 2011 afin d'éviter qu'une destruction accidentelle du satellite en orbite ne disperse des débris dans l'espace.
Attendu ce mercredi, le retour du satellite ERS-2 peut se produire n'importe où, mais le risque de dommages au sol est infime, selon l'Agence spatiale européenne.

Non, le ciel ne va pas vous tomber sur la tête ! Un satellite européen d'observation de la Terre, nommé ERS-2, s'apprête à rentrer de manière incontrôlée dans l'atmosphère terrestre, où l’essentiel de l’engin doit brûler, assure l’Agence spatiale européenne (Esa). Si la date du retour est connue ou presque, la zone d’impact d’éventuels débris demeure pour l’instant encore indéterminée.

"Sur la base des données acquises le 19 février 2024, le Bureau des débris spatiaux de l'ESA prévoit actuellement que la rentrée du satellite ERS-2 de l'ESA aura lieu à : 19:24 UTC (20h24 en France, ndlr) le 21 février 2024", indique l'agence spatiale. L'incertitude de cette prévision est maintenant "de seulement (+/- 9,91 heures)", est-il précisé

"Au fur et à mesure que nous approchons du jour de la rentrée, nous serons en mesure de prédire l'heure et le lieu avec de plus en plus de certitude", indique l'Esa, sur une page dédiée au suivi de l'engin spatial. Cette incertitude est principalement due à l'influence de l'activité solaire imprévisible, qui affecte la densité de l'atmosphère terrestre et donc la traînée subie par le satellite, explique l'Esa.

Lancé en 1995, ce satellite en fin de vie a cessé ses opérations en 2011, après seize années de bons et loyaux services. Cette opération de retombée sur Terre a été préparée de longue date afin d'éviter qu’une destruction accidentelle - à la suite d'une collision, par exemple - ne disperse des débris dangereux pour les satellites actifs ou, pire encore, la Station spatiale internationale (ISS) et ses occupants.

Sur son site internet, l’Agence spatiale européenne indique avoir procédé à "une série de 66 manœuvres de désorbitation en juillet et août 2011, qui ont permis d’épuiser le carburant restant du satellite et d’abaisser son altitude moyenne de 785 km à 573 km". Depuis, l'engin, hors de contrôle, est retombé graduellement vers la Terre, sous l'effet de la gravité, pour atteindre une altitude d'environ 500 km.

En dépit de ces incertitudes, selon les experts de l'Esa, la probabilité que des débris créent des dommages au sol est infime. "Le risque qu'un morceau du satellite nous tombe sur la tête est estimé à 1 sur 100 milliards", a déclaré, lors d'une conférence de presse, Benjamin Bastida, ingénieur débris spatiaux au Centre européen des opérations spatiales (Esoc), qui suit attentivement la trajectoire de l'engin pour prédire précisément où et quand ses restes tomberont. 

On estime que le plus gros fragment du satellite pouvant rejoindre le sol fait 52 kilos.
Henri Laur

D'après les spécialistes, environ 20% à 30% de la masse de l'engin impactera la surface du Globe qui, rappelons-le, est composée à 70% d’eau. La probabilité de faire une victime est donc extrêmement faible. "On estime que le plus gros fragment du satellite pouvant rejoindre le sol fait 52 kilos", a estimé Henri Laur, qui travaille à la Direction des programmes d'observation de la Terre au sein de l'Esa. 

D'autres satellites en fin de vie vont suivre

Ce n'est pas la première fois que l'agence spatiale effectue ce type de manœuvre. Le 28 juillet dernier, un satellite européen chargé d'étudier le mouvement des vents, Aeolus, a connu le même destin, à la différence qu'il était redescendu sur Terre de manière contrôlée car son orbite (300 km) était plus basse que celle de ERS-2. L'engin était retombé à l'époque dans l'océan Atlantique. 

Après ERS-2, ce sera au tour de Cluster en septembre, puis d'Integral en décembre. L'Esa a adopté récemment une charte "zéro débris" pour les missions spatiales conçues à partir de 2030. "Nos missions en orbite terrestre sont de plus en plus conçues pour effectuer des rentrées contrôlées en fin de vie, ce qui permet aux opérateurs de cibler avec précision la région de la Terre où ils rentrent", souligne l’agence spatiale.


Matthieu DELACHARLERY

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