Un vieux satellite s'apprête à retomber sur Terre : où risquent de chuter les éventuels débris ?

Publié le 21 février 2024 à 12h24, mis à jour le 21 février 2024 à 20h33

Source : JT 20h WE

Une opération de retombée sur Terre pour un vieux satellite a été entamée en 2011.
Son but : éviter qu'une destruction accidentelle de l'objet en orbite ne disperse des débris dans l'espace.
Plus de dix ans après le début des opérations, l'engin spatial devrait retomber sur terre ce mercredi en fin d'après-midi.

Un saut de l'ange explosif l'attend. Le satellite européen d'observation de la Terre, nommé ERS-2, s'apprête à rentrer de manière incontrôlée dans l'atmosphère terrestre, mercredi 21 février, où l’essentiel des 2,3 tonnes de l’engin spatial doit normalement se consumer. La probabilité qu'un de ces débris frappe une personne au sol est inférieure à un pour cent milliards, selon Benjamin Bastida, ingénieur débris spatiaux au Centre européen des opérations spatiales, qui suit attentivement la trajectoire de l'engin pour prédire précisément où et quand ses restes tomberont. "On estime que le plus gros fragment du satellite pouvant rejoindre le sol fait 52 kilos", avait déclaré, la semaine dernière, un responsable de l'Esa, lors d'une conférence de presse.

Selon les dernières prévisions de l'agence spatiale [à 17H45], la rentrée du satellite ERS-2 a eu lieu vers 18h05 (heure de Paris), avec une marge d'incertitude "de plus ou moins 30 minutes" (en raison du fait que l'engin tombe naturellement, par la seule force de gravité, et non pas de façon dirigée, ndlr). Si les calculs du bureau des débris spatiaux de l'Agence spatiale européenne sont corrects, le point d'impact se situerait en pleine mer, au large de la Norvège. "Nous n'avons reçu aucune nouvelle observation d'ERS-2", a déclaré, un peu moins d'un heure plus tard, l'Esa dans un message posté sur le réseau social X. "Cela peut signifier que le satellite est déjà rentré dans l'atmosphère, mais nous attendons des informations de nos partenaires avant de pouvoir le confirmer", précise l'agence spatiale.

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Au moment de sa rentrée dans l'atmosphère, selon l'Esa, l'engin spatial se trouvera à environ 80 km au-dessus du marqueur rouge présent sur la carte ci-dessus. C'est à cet endroit que l'objet devrait commencer à se défragmenter. Satellite pionnier dans l'observation de la Terre, ERS-2 a été lancé en 1995 et a cessé ses opérations en 2011, après 16 ans de bons et loyaux services. Plutôt que de laisser l'engin spatial tourner autour de la Terre pendant encore 200 ans, l'agence spatiale a procédé à une série de manœuvres de manière à abaisser son altitude. Le but était d'éviter qu'une destruction accidentelle ne disperse des débris dangereux pour les satellites actifs ou, pire encore, la Station spatiale internationale (ISS) et ses occupants.

Un million de débris en orbite

En moyenne, un objet de masse similaire à ERS-2 termine ses jours dans l'atmosphère une fois toutes les une ou deux semaines, peut-on lire sur le site de l'Agence spatiale européenne. Le 28 juillet dernier, un satellite européen chargé d'étudier le mouvement des vents, Aeolus, est retombé dans l'océan Atlantique, mais cette fois de manière contrôlée, car son orbite (300 km) était plus basse que celle de ERS-2. En septembre prochain, c'est le satellite Cluster qui devrait retomber sur la planète avant Integral en décembre 2024. 

"Nos missions en orbite terrestre sont de plus en plus conçues pour effectuer des rentrées contrôlées en fin de vie, ce qui permet aux opérateurs de cibler avec précision la région de la Terre où ils rentrent", souligne l’agence spatiale. Il était temps. Les déchets de satellites usagés, pièces de fusées et les débris de collisions se sont accumulés depuis le début de l'ère spatiale. Un problème qui s'est accéléré au cours des dernières décennies. Selon l'Esa, il y aurait en orbite pas moins d'un million de débris de satellites ou de fusées de plus d'un centimètre, suffisamment gros pour "désactiver un engin spatial" en cas de choc. Pour limiter les risques, l'agence a adopté, fin 2023, une charte "zéro débris" pour les missions conçues à partir de 2030.


Matthieu DELACHARLERY

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