VIDÉO - Fin de mission explosive pour SpaceX : qu'est-il arrivé exactement à la fusée Starship ?

Publié le 14 mars 2024 à 18h59, mis à jour le 15 mars 2024 à 13h30

Source : TF1 Info

Le troisième vol d'essai de la fusée géante de SpaceX s'est soldé par la désintégration du vaisseau au moment de son retour vers la Terre.
Le signal a été perdu alors que le vaisseau Starship se trouvait à une altitude d'environ 60 kilomètres au-dessus de l'océan Indien, où il aurait dû amerrir en douceur.

Mission (presque) accomplie ! Ce jeudi 14 mars, après un vol d’un peu moins de 50 minutes, le vaisseau Starship de SpaceX s’est désintégré au-dessus l’océan Indien, où il était censé amerrir de manière contrôlée, et donc en douceur. Auparavant, l’engin spatial avait pourtant réussi sa rentrée dans l’atmosphère terrestre, une manœuvre réputée délicate. Cependant, ses moteurs ne sont pas rallumés comme prévu pour ralentir sa chute et qu’il se pose en douceur dans l’eau. Les équipes au sol ont perdu le signal alors que le Starship se trouvait à environ 460 mètres du sol, a indiqué l'entreprise spatiale. Il est fort probable que le vaisseau ait brûlé entièrement et qu’une poignée de petits débris soient tombés au fond de l’océan.

Pas de quoi alarmer pour autant les équipes de SpaceX. "Starship n'a jamais volé aussi loin et aussi vite !", s’est exclamé, tout sourire, la commentatrice, lors du direct vidéo de l'entreprise spatiale. En effet, lors du dernier test, le vaisseau avait explosé après avoir franchi la frontière de l’espace, échouant de fait à atteindre l’orbite terrestre. Cette fois, le vaisseau de SpaceX a poursuivi son ascension jusqu'à une altitude de 234 km, atteignant une vitesse quasi orbitale, au-delà des 26.000 km/h. Lors du précédent vol test, l’engin spatial avait atteint la vitesse de 24124 km/h au bout de 8 minutes, avant que le signal ne soit perdu.

Quant à l’étage de propulsion (Super Heavy), au sommet duquel se trouvait le vaisseau Starship au moment du décollage, il a explosé quelques minutes après la séparation avec ce dernier (vidéo ci-dessous). En théorie, il aurait dû redescendre et amerrir en douceur, à l’aide de ses moteurs et de ses gouvernails, dans le Golfe du Mexique. Malgré cet incident, l’entreprise spatiale a pu tester différents systèmes embarqués du vaisseau, comme l’ouverture de la trappe pour larguer des satellites (succès) ou le transfert de carburant (succès en partie), en vue des futures missions vers la Lune. La Nasa entend utiliser une version remaniée du Starship pour faire atterrir ses astronautes sur la Lune lors de sa mission Artémis 3, prévue en 2026.

En fin d’après-midi, l'Administration américaine fédérale de l'aviation (FAA) a annoncé l’ouverture d’une enquête. "Un incident s'est produit pendant la mission de SpaceX (Starship OFT-3) qui a été lancée de Boca Chica, au Texas, le 14 mars. L'accident a impliqué à la fois le booster Super Heavy et le véhicule Starship. La FAA supervisera l'enquête menée par SpaceX sur cet accident", a déclaré l'agence américaine de régulation de l'aviation civile. Il s'agit d'une procédure tout à fait habituelle quand la mission se solde par un échec. Le temps de l'enquête, qui peut durer des mois, SpaceX ne peut plus continuer à travailler à son développement Or, le temps presse : la mission Artemis 3, qui doit poser des humains sur la Lune, est prévue pour 2026. 

"Immenses félicitations à toutes les équipes pour ce jour incroyable", a déclaré, à la fin du vol, Gwynne Shotwell, la numéro deux de SpaceX, se félicitant des étapes franchies durant le vol. Pour l'entreprise, l'explosion de prototypes est moins problématique en matière d'image qu'elle le serait pour la Nasa, qui s'appuie sur des fonds publics. Enchaîner les tests selon un processus d'itération rapide lui permet ainsi d'accélérer le développement de ses engins. "C'est toujours mieux de sacrifier du matériel, que de sacrifier du temps", avait déclaré, en janvier dernier, Elon Musk, dans un discours face à des employés de SpaceX. La dernière fois, la FAA avait rendu ses conclusions au bout de 4 mois. Si tel était à nouveau le cas, un nouvel vol d'essai pourrait avoir lieu en 2024.


Matthieu DELACHARLERY

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