La première fusée au monde imprimée en 3D prête à décoller depuis la Floride

Publié le 11 mars 2023 à 11h07, mis à jour le 11 mars 2023 à 11h22

Source : Sujet TF1 Info

Appelée Terran 1, la fusée décollera ce samedi depuis la Floride, aux États-Unis.
Ce sera le tout premier vol d’un lanceur presque entièrement imprimé en 3D.
La première tentative de lancement avait été annulée à la dernière minute.

Un avant-goût du lanceur du futur ? La toute première fusée imprimée en 3D au monde doit effectuer son vol inaugural ce samedi 11 mars depuis Cap Canaveral, en Floride aux États-Unis. En cas de succès de la mission, le lanceur Terran 1 de la startup américaine Relativity Space pourrait révolutionner l'industrie spatiale, à l'instar de SpaceX avec ses fusées réutilisables en son temps. Le lancement sera retransmis en direct par la compagnie, à partir de 18 heures (heure de Paris).

Haute de 33,5 mètres avec un diamètre d'un peu plus de 2 mètres, la fusée Terran 1 ressemble à n'importe quelle fusée. Son premier étage comporte neuf moteurs, également imprimés en 3D, et son deuxième étage, un moteur. Au total, 85% de la masse de la fusée a été imprimée en 3D, et l'entreprise vise dans le futur les 95%. Les avantages sont multiples : réduire les coûts et simplifier le processus de fabrication, tout en offrant une plus grande flexibilité. 

Une fois opérationnel, l'engin sera capable en théorie de placer 1250 kilos en orbite terrestre basse. Mais ce lancement, baptisée "Good Luck, Have Fun" (qui se traduit en français par "Bonne chance, amusez-vous"), ne transporte aucune charge utile. Au lieu de cela, l'engin placera sur une orbite d'environ 200 kilomètres son étage supérieur, qui contient à l'intérieur de son cône un anneau métallique, premier composant produit par l'entreprise via la technologie d'impression 3D.

L'objectif de ce premier vol test (qui sera retransmis en direct par l'entreprise) vise à prouver que l'engin peut résister à la pression d'un décollage, et de récupérer un maximum de données pour la suite du développement de ces fusées, moins chères et plus faciles à fabriquer, selon la compagnie. Avec ses grands robots d'impression 3D, la compagnie affirme diviser par 100 le nombre de pièces par rapport à une fusée traditionnelle. Elle met aussi en avant la rapidité de la méthode : 60 jours, de la matière première au produit fini. 

Terran 1 utilise un carburant d'un nouveau genre

Autre innovation, la fusée Terran 1 utilise du méthalox comme carburant, un mélange d'oxygène liquide et de gaz naturel liquéfié (essentiellement du méthane). Si l'engin parvient à atteindre l'orbite terrestre ce samedi, il s'agirait de la première fusée utilisant ce carburant à y parvenir. Relativity Space, qui a pour vision de long terme de participer au développement d'une humanité multiplanétaire, fait valoir qu'il s'agit du carburant "du futur", et le plus facile à produire sur Mars. 

Si la mission se passe comme prévu, Terran 1 deviendrait la première fusée utilisant du méthane pour atteindre l'orbite. Une fusée chinoise privée utilisant du méthane, la Zhuque-2 de Landspace, a été lancée en décembre mais n'a pas réussi à atteindre l'orbite. Le Starship de SpaceX et le Vulcan Centaur de United Launch Alliance utilisent tous deux du méthane et devraient effectuer leurs premières tentatives de lancement orbital au cours des deux prochains mois.

L'entreprise Relativity Space développe également une plus grosse fusée, Terran R, qui sera capable de transporter jusqu'à  20.000 kilos en orbite basse terrestre. Une date de lancement n'est pas prévue avant 2024. Mais la startup, basée à Long Beach, a déjà signé pour 1,65 milliard de dollars de contrats, selon Tim Ellis, le jeune patron de l'entreprise, qu'il a cofondée en 2015. L'un d'eux a été passé avec OneWeb, qui veut fournir un accès internet depuis l'espace grâce à une constellation de satellites.

Un opérateur de satellite peut attendre des années avant d'obtenir une place dans les grosses fusées d'Arianespace ou de SpaceX. Des dizaines de startups se sont lancées ces dernières années sur le marché des petites et moyennes fusées pour répondre à la demande. Actuellement, quelque 9000 satellites orbitent autour de la Terre. D'ici à la fin de la décennie, leur nombre pourrait dépasser les 60.000, à en croire les spécialistes. Un marché qui suscite, évidemment, la convoitise.


Matthieu DELACHARLERY avec AFP

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