Le mégalodon, plus grand prédateur de l'Histoire, ne ressemblait finalement pas au grand requin blanc

Publié le 24 janvier 2024 à 18h49

Source : JT 20h WE

C'est le plus poisson ayant jamais parcouru les océans.
On le compare souvent aujourd'hui au grand requin blanc, qui l'a détrôné.
Mais de nouvelles recherches lui attribuent une tout autre apparence... sans pourtant le rendre moins effrayant.

Une petite cure d’amaigrissement. Le mégalodon, dépeint en requin monstrueux dans le film en En eaux troubles, était bien une redoutable créature des mers, mais une nouvelle analyse de ses restes fossiles le décrit comme plus élancée qu’on ne le présumait jusqu’alors. Des chercheurs ont estimé sa taille entre 15 et 20 mètres de long. Une marge d'erreur qui s’explique par le petit nombre de fossiles restant, des dents et des assemblages de vertèbres incomplets. Il s’est éclipsé soudainement des océans il y a de cela 3,6 millions d'années et on lui avait attribué jusqu’ici le même profil imposant que celui du seul requin de grande taille existant de nos jours, le grand requin blanc.

Par erreur ! En effet, selon la nouvelle étude publiée dans la prestigieuse revue Palaeontologia Electronica, l’Otondus megalodon, de son vrai nom scientifique, ressemblait davantage à l'actuel requin Mako. Pas de quoi le rendre moins effrayant à nos yeux pour autant. "Notre équipe a réexaminé les archives fossiles et découvert que le mégalodon était plus mince et peut-être même plus long que nous le pensions", soutient Phillip Sternes, biologiste à l'Université de Californie et principal auteur de ces travaux, dans un communiqué de presse. "Il n'en aurait pas moins été un formidable prédateur, au plus haut de la chaîne alimentaire marine", souligne-t-il. 

En se fondant sur cette nouvelle analyse, cette équipe internationale composée de 26 scientifiques lui assigne un comportement bien particulier. Il n'aurait ainsi pas eu besoin de chasser très souvent à cause d'un tube digestif très long, en accord avec sa grande taille. Cette dernière aurait pu aussi se révéler un handicap, quand sont arrivés des prédateurs plus trapus mais aussi plus rapides. Mégalodon "n'était peut-être pas un nageur puissant", en comparaison avec le grand requin blanc, a déclaré Kenshu Shimada, paléobiologiste à l'Université DePaul de Chicago et coauteur de l'étude. Une des théories expliquant l'extinction du mégalodon repose sur une raréfaction de ses proies.

Mais le biologiste Phillip Sternes avance un autre scénario. "Je crois qu'une combinaison de facteurs a conduit à son extinction, mais l'un d'eux a pu être l'émergence du grand requin blanc, qui était peut-être plus agile, et donc un meilleur prédateur que Mégalodon", a-t-il dit. Avoir une image exacte de la véritable forme de l'animal exige de mettre la main sur un squelette plus complet que les rares éléments disponibles, souligne Kenshu Shimada, avant d'ajouter : "Le fait que nous ne sachions pas précisément à quoi Otodus mégalodon ressemblait, laisse libre cours à notre imagination". Et aussi à celle des cinéastes qui peuvent ainsi nous donner des sueurs froides.


Matthieu DELACHARLERY avec AFP

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